A la lin de la guerre de Trente ans
la France, depuis lG."Jj, soutenait la 3. C'étaient les Espagnols, arrivés
eause de l'indt-pendance des autres par lAlleniagne dans les Pays-Bas
Etatseuropéens contre la maison d'Au- sous le commandement de Jean de
triche. Werth et Piccolomini.
rORCES DE LA FRANCE APRES LA MORT DE LOUIS XIII ET MŒURS DU TEMPS
Les guerres avaient produit des généraux illustres, tels qu'un Gustave-Adolphe, un Yalstein , un duc de Yeimar , Piccolomini, Jean de Vert, le maréchal de Guébriant, les princes d'Orange, le comte d'Harcourt^. Des ministres d'Etat ne s'étaient pas moins signalés. Le chancelier Oxenstiern, le comte duc dOlivarès, mais surtout le cardinal de Richelieu, avaient attiré sur eux l'attention de l'Europe. Il n'y a aucun siècle qui n'ait eu des hommes d'Etat et de guerre célèbres : la politique et les armes semblent malheureusement être les deux professions les plus naturelles à l'homme : il faut toujours ou négocier ou se battre. Le plus heureux passe pour le plus grand, et le public attribue souvent au mérite tous les succès de la fortune.
La guerre ne se faisait pas comme nous l'avons vu faire du temps de Louis XIY; les armées n'étaient pas si nombreuses : aucun général, depuis le siège de Metz par Charles-Quint 2, ne s'était vu à la tète de cinquante mille hommes : on assiégeait et on défendait les places avec moins de canons qu'aujourd'hui. L'art des fortifications était encore dans son enfance. Les piques et les arquebuses étaient en usage ; on se servait beaucoup de l'épée, devenue inutile aujourd'hui. Il restait encore, des anciennes lois des nations, celle de déclarer la guerre par un héraut. Louis XIII fut le dernier qui observa cette coutume : il envoya un héraut d'armes à Bruxelles déclarer la guerre à l'Espagne en 1635 ^.
Vous savez que rien n'était plus commun alors que de voir des prêtres commander des armées : le cardinal infant *, le cardinal de Savoie, Richelieu, la Valette, Sourdis, archevêque de Bordeaux, le cardinal Théodore Trivulce, commandant de la cavalerie espagnole, avaient endossé la cuirasse et fait la guerre eux-mêmes. Un évêque de Mende avait été souvent in-
1. On écrit Vallenstein, Bernard do 4. Le cardinal infant, Ferdinand Saxe- Weimar , Jean de Wertli. — dEspagne, était frère du roi Phi- Jean -Baptiste de Budes, comte de lippe IV et gouverneur des Pays- Guébriant, né en 1602. Bas; le cardinal de Savoie, Maurice,