CHAPITRE II
tendant d'armces. Les papes menacèrent quelquefois d'excommunication ces prêtres guerriers^.
Les ambassadeurs, non moins ministres de paix que les ecclésiastiques, ne faisaient nulle difficulté de servir dans les armées des puissances alliées auprès desquelles ils étaient employés. Charnacé 2, envoyé de France en Hollande, y commandait un régiment en 1637, et depuis môme l'ambassadeur d'Estrade fut colonel à leur service^.
La France n'avait en tout qu'environ quatre-vingt mille hommes effectifs sur pied. La marine, anéantie depuis des siècles, rétablie un peu par le cardinal de Richelieu, fut ruinée sous Mazarin. Louis XIII n'avait qu'environ quarante-cinq millions réels de revenu ordinaire ; mais l'argent était à vingt-six livres le marc : ces quarante-cinq millions revenaient à environ quatrevingt-cinq millions de notre temps , où la valeur arbitraire du marc d'argent monnayé est poussée jusqu'à quarante-neuf livres et demie ; celle de l'argent fin à cinquante-quatre livres dix-sept sous : valeur que l'intérêt public et la justice demandent qui ne soit jamais changée.
Le commerce, généralement répandu aujourd'hui, était en très peu de mains ; la police du royaume était entièrement négligée, preuve certaine d'une administration peu heureuse. Le cardinal de Richelieu, occupé de sa propre grandeur attachée à celle de l'Etat, avait commencé à rendre la France formidable au dehors , sans avoir encore pu la rendre bien florissante au dedans. Les grands chemins n'étaient ni réparés ni gardés; les brigands les infestaient; les rues de Paris, étroites , mal pavées, et couvertes d'immondices dégoûtantes, étaient remplies de voleurs. On voit, par les registres du parlement, que le guet de cette ville était réduit alors à quarantecinq hommes mal payés, et qui même ne servaient pas.
Depuis la mort de François II, la France avait été toujours ou déchirée par des guerres civiles, ou troublée par des factions. Jamais le joug n'avait été porté d'une manière paisible
1. Les rois trouvaient des hommes diplomate qui conclut les traités d'ald'Etat et même des généraux mieux liance de la France avec Gustave-Adolpréparés, plus dociles, dans les hau- plie (1629-16.31) et avec la Hollande tes fonctions de l'Église, qui n'était (16.34). Militaire aussi, il fut tué au pas alors aussi séparée de la vie siège de Bréda (1637).
féodale et politique que depuis. Les 3. D'Estrade, maréchal de France,,
papes n'étaient-ils pas aussi chefs remplit des missions diplomatiques
d'Etat? en Hollande, en Angleterre et en Sa-