Mazarin n'est pas l'auteur de celte deurs
de prince d'un chapeau rouge. Et tel était, en même temps, le pouvoir des intrigues, qu'un abbé sans naissance et sans mérite, nommé la Rivière, disputait ce chapeau romain au prince : ils ne l'eurent ni l'un ni l'autre.
Nul crime d'Etat ne pouvait être imputé à Condé ; cependant on l'arrêta dans le Louvre, lui, son frère de Conti, et son beau-frère de Longueville, sans aucune formalité, et uniquement parce que Mazarin le craignait^ (18 janvier 1650). Cette démarche était, à la vérité, contre toutes les lois ; mais on ne connaissait les lois dans aucun des partis.
Le cardinal, pour se rendre maître de ces princes, usa d'une fourberie qu'on appela politique. Les frondeurs étaient accusés d'avoir tenté d'assassiner le prince de Condé ; Mazarin lui fait accroire qu'il s'agit d'arrêter un des conjurés et de tromper les frondeurs; que c'est à son altesse à signer l'ordre aux gendarmes de la garde de se tenir prêts au Louvre. Le grand Condé signe lui-même l'ordre de sa détention. On ne vit jamais mieux que la politique consiste souvent dans le mensonge, et que l'habileté est de pénétrer le menteur.
Le prince de Condé eût pu gouverner l'Etat, s'il avait seulement voulu plaire ; mais il se contentait d'être admiré. Le peuple de Paris, qui avait fait des barricades pour un conseiller-clerc presque imbécile, fit des feux de joie lorsqu'on mena au donjon de Vincennes le défenseur et le héros de la France.
Ce qui montre encore combien les événements trompent les hommes, c'est que cette prison des trois princes, qui semblait devoir assoupir les factions, fut ce qui les releva. La mère du prince de Condé, exilée, resta dans Paris malgré la cour, et porta sa requête au parlement- (1650). Sa femme, après mille périls, se réfugia dans la ville de Bordeaux : aidée des ducs de Bouillon et de la Rochefoucauld , elle souleva cette ville et arma l'Espagne^.
(13 février 1651.) Un an après, les mêmes frondeurs, qui avaient vendu le grand Condé et les princes à la vengeance
1. Condc- ne fut pas arrêté au Lou- Montmorenci, apporta dans la maivre, mais au Palais-Royal, dans la salle son de Condé tous les biens de sa du Conseil (18 janvier 16.30). On le famille ajirés la mort de son frère, conduisit d'abord à Vincennes, puis coudamuc à uu)rt eomme rebelle et au Havre. décaj)ité à Toulouse.
2. La mère du prince de Condé, 3. Claire de Maillé-Brézé, safemme, princesse douairière , Charlotte de était nièce du cardinal do Richelieu.