‹ Siècle de Louis XIVChapitre 43 sur 266 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

on ridicule, à braver la reine et à insulter le gouvernement qu'il dédaignait. Il écrivit, à ce qu'on prétend, au cardinal, .///' lllustvissimo signov Faquino. Il lui dit un jour : Adieu, Mars. Il encouragea un marquis de Jarsai à faire une déclaralion d'amour à la reine, et trouva mauvais qu'elle osât s'en offenser. Il se ligua avec le prince de Conti son frère et le duc <le Longueville, qui abandonnèrent le parti de la Fronde. On avait appelé la cabale du duc de Beaufort, au commencement de la régence, celle des importants ; on appelait celle de Condé \e parti des petits-maitres, parce qu'ils voulaient être les maîtres de l'Etat. Il n'est resté de tous ces troubles d'autres traces que ce nom de petit-maltre, qu'on applique aujourd'hui à la jeunesse avantageuse et mal élevée, et le nom de frondeurs, qu'on donne aux censeurs du gouvernement.

On employa de tous côtés des moyens aussi bas qu'odieux. Joly, conseiller au Chàtelet, depuis secrétaire du cardinal de Retz, imagina de se faire une incision au bras, et de se faire tirer un coup de pistolet dans son carrosse, pour faire accroire que la cour avait voulu l'assassiner ^.

Quelques jours après, pour diviser le parti du prince de Condé et les frondeurs, et pour les rendre irréconciliables, on tire des coups de fusil dans les cai'rosses du grand Condé, et on tue un de ses valets de pied, ce qui s'appelait une joliade renforcée . Qui fit cette étrange entreprise ? est-ce le parti du cardinal ^Nlazarin? Il en fut très soupçonné. On en accusa le cardinal de Retz, le duc de Beaufort et le vieux Broussel, en plein parlement, et ils furent justifiés -.

Tous les partis se choquaient, négociaient, se trahissaient tour èi tour. Chaque homme important, ou qui voulait l'être, prétendait établir sa fortune sur la ruine publique, et le bien public était dans la bouche de tout le monde. Gaston était jaloux de la gloire du grand Condé et du crédit de Mazarin. Condé ne les aimait ni ne les estimait. Le coadjuteur de l'archevêché de Paris voulait être cardinal par la nomination de la reine, et il se dévouait alors à elle pour obtenir cette dignité étrangère, qui ne donnait aucune autorité, mais un grand relief. Telle était alors la force du préjugé, que le prince de Conti, frère du grand Condé, voulait aussi couvrir sa couronne

1. Il a laissû des mémoires asse/, tciitalivo, mais en profita pour médiocres. citer Condé contre les anciens l'i

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