‹ Siècle de Louis XIVChapitre 55 sur 266 · Don Louis de Haro, neveu du · texte numérisé non relu

Don Louis de Haro, neveu du

2. Le lieutenant général Fabert cou- comte d'Olivurès, lui succéda eu 1643.

lande. Cromwoll, cet usurpateur cligne de régner, avait pris le nom àù protecteur^ et non celui de roi; parce que les Anglais savaient jusqu'où les droits de leurs rois devaient s'étendre, et ne connaissaient pas quelles étaient les bornes de l'autorité d'un protecteur 1.

Il affermit son pouvoir en sachant le réprimer à propos ; il n'entreprit point sur les privilèges dont les peuples étaient jaloux; il ne logea jamais de gens de guerre dans la cité de Londres; il ne mit aucun impôt dont on pût murmurer; il n'offensa point les yeux par trop de faste ; il ne se permit aucun plaisir; il n'accumula point de trésors; il eut soin que la justice fût observée avec cette impartialité impitoyable qui ne distingue point les grands des petits.

Le frère de Pantaléon Sa, ambassadeur de Portugal en Angleterre, ayant cru que sa licence serait impunie parce que la personne de son frère était sacrée, insulta des citoyens de Londres , et en fit assassiner un pour se venger de la résistance des autres; il fut condamné à être pendu. Cromwell, qui pouvait lui faire grâce, le laissa exécuter, et signa ensuite un traité avec l'ambassadeur^.

Jamais le commerce ne fut si libre ni si florissant; jamais l'Angleterre n'avait été si riche. Ses flottes victorieuses faisaient respecter son nom sur toutes les mers^; tandis que Mazarin , uniquement occupé de dominer et de s'enrichir, laissait languir dans la France la justice, le commerce, la marine, et même les finances. Maître de la France, comme Cromwell l'était de l'Angleterre, après une guerre civile, il eût pu faire pour le pays qu'il gouvernait ce que Cromwell avait fait pour le sien ; mais il était étranger, et l'àme de Mazarin, qui n'avait pas la barbarie de celle de Cromwell, n'en avait pas aussi la grandeur*.

Toutes les nations de l'Europe, qui avaient négligé l'alliance de l'Angleterre sous Jacques L'^' et sous Charles I^"'*, la

1. Le titre de protecteur avait été 4. Si le géuie de Cromwell et celui déjà porté plusieurs fois en Angle- de Mazariu sont bien différents, il terre ; il correspondait à celui de ré- faut reconnaître qu'il s'en faut de gcnt. l)taucoup que le pouvoir du second

2. Ensuite, cela veut dire deux ans égalât celui du premier et que les ciraprès. constances fussent les mêmes pour

3. Cromwell, continuant ce que les tous les deux. Cromwell représentait Stuarts avaient fait pour la marine an- et personnifiait une révolution. Mazaglaise, la porta à cette grandeur par rin n'était que le vainqueur de la son célèbre acte de navigatioti. Fronde.

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