‹ Siècles de Louis XIV, et de Louis XV (volume 2)Chapitre 11 sur 41 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

De l'exil du parlement de Paris , etc. et de la mort Je Louis XV.

ôi les exils du liuc de Choiseul, du duc de Praslin , du cardinal de P.ernis , du comte d'Argenson , du garde des «ceaux Machault , da euiute de Mau-

repas, du duc de la Piocbefoncanld, du duc de Chàtilloa , et de tant d'autres citoyeus, n'avaient eu aucune cause légale, celui du parlement de Paris, et d'un grand nombre d autres magistrats, parut aa ^'moins en avoir une.

Qui aurait dit que ce corps antique, qui venait de détruire en France l'ordre des jésuites, éprouverait bientôt après, non seulement un exil rigoureux, mais serait détruit lui-même ? C'est une grande leçon aux. hommes , si jamais les leçons peuvent servir.

Nous avons va que sous Louis XI"V le parlement ne fut point exilé après la guerre de la fronde ; nous avons vu que les troubles de la fronde n'avaient commencé que par les oppositions de cette compagnie à une très mauvaise administration des finances, et que ces oppositions, d'abord légitimes dans leur principe , se tournèrent bientôt en une révolte ouverte et en une guerre civile : nous avons vu que sous Louis XV il n'y eut ni guerre ni révolte ; mais qu'une administration des finauces , plus malheureuse encore , jointe aux ridicules de la bulie Unigenitus^ occasionna les résistances opiniâtres du parlement aux ordres du roi. On sait qu'il fut, cassé le i3 avril 1771 ; après quoi cette cour des pairs a été rétablie par le roi Louis XVI , avec quelques modifications nécessaires.

Un autre exemple de la fatalité qui gouverne le monde fut la mort de Louis XV. Il n'avait point profité de l'exemple de ceux qui avaient prévenu le danger mortel de la petite-vérole en se la donnant, et sur-tout du premier prince du sang , le duc d'Or-

léans qui avait eu 'le courage de faire inoculer set enfants. Cette méthode était très combattue en France , où Ja nation , toujours asservie à d'anciens préjugés, est presque toujours la dernière à recevoir les vérités et les usages utiles qui lui viennent des autres pays.

■ Sur la Hn d'avril i774i le roi allant à la cLasse, tencontre le convoi d'une personne qu'on portait eu terre : la curiosité naturelle qu'il av«it pour les choses lu§.ubres le fait approcher du cercueil; il demande qui on va enterrer; on lui dit que c'est uu« jeune fille uiorle de la petite-vérole : dès.ce moment il est frappé à mort sans s'en appercevoir.

Deux j ours après, son chirurgien dentiste, en examinant ses gencives, y trouve un caractère quî annonce une maladie dangereuse; il en avertit uri homme attaché au roi : sa remarque est négligée; la pelilc-vérole la plus funeste se déclare. Plusieurs do ses oflicif rs sont attaqués de la même maladie , soie en le soignant , soit en «'approchant de son lit, et en meurent ; trois princesses , ses filles , que leur ten- <lresse et leur courage retiennent auprès de lui, reçoivent les germes du poison" qui dév.>re leur père, et éprouvent l)ieut<it le même mal et le même danger, dont heureusement elles réchappèrent.

Louis XV meurt la nuit du lo de mai ; on couvre son corps de chaux, «-t on l'emporte sans aucune cérémonie à Saint-Denis auprès du caveau de ses percs.

L'histoire n'omettra jxiint que le roi , son petitfîls , le comte de proVence et le comte d'Artois, frères de Louis XVI, tous trois dans une grand»

jeunesse, apprirent aux Français , en se faisant inoculer , qu'il faut braver le danger pour éviter la mort. La natiou fut touchée et instruite. Tout ce que Louis XVI lit depuis, jusqu'à la fia de 1774, le rendit encore plus cher à toute la Fmuce.

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