LE GOUVERNEMENT ET LA CONFERENCE DE LONDRES
Avis de la Délégation. — M. Thiers et Ica conditions de la paix. — Incertltuclei de Jnle» Favre. — M. de Biimarok interrompt les oommanications avec Paris. — NouveUes incertitndes de Jules Favre. — Décision du gouvernement. — Refas de M. de Bismarck.
Les dépêches de Jules Favre se croisèrent avec d'autres de M. de Chaudordy, qui, datées des 3 et 7 décembre, arrivèrent le 15 à Paris. La Russie continuait d'affirmer ses bonnes dispositions et nous interdisait d'espérer de sa part aucune action directe. Elle souhaitait notre présence à la conférence, tout en laissant à l'Angleterre le soin de nous y inviter et de nous procurer des sauf- conduits. « La Russie, écrivait M. de Chaudordy, n'est pas certainement avec nous, mais elle n'est pas tout à fait contre nous. )» La Turquie acceptait la conférence, à la condition qu'il y fût uniquement question de la mer Noire. L'Autriche s'y résignait. L'Angleterre insistait pour avoir notre adhésion, « sans vouloir garantir en rien qu'il nous serait permis de parler de notre situation ^ » .
Pourtant M. de Chaudordy conseillait d'accéder aux propositions anglaises, même sans promesse, ni engagement. Il faisait remarquer, avec quelque vraisemblance, «que les puissances une fois réunies recouvreraient le courage et la décision..., qu'il y avait lieu d'espérer d'elles un langage conforme à leurs sentiments réels » .
Depuis le début du siège, l'opinion européenne semblait avoir accompli une entière évolution à notre profit. Les gouvernements s'en rendaient compte. « Ils paraissaient disposés à ne point écarter les questions qui nous étaient personnelles *. »