J. Favre, tome II, p
notre participation à la conférence, montrant ainsi combien il était éloigné du véritable homme d'État, qui, dans une circonstance grave, doit avant tout prendre conseil de lui-même* Naturellement maires et adjoints furent à peu près unanimes à le supplier de ne point quitter Paris. La presse, trop souvent mal inspirée, s'y montrait non moins opposée. Il est vrai que nombre c de personnes fort considérables » conseillaient à Jules Favre de se rendre à Londres -, des députations se présentaient pour l'y engager*.
Dans ces conjonctures, il inclinait vers un refus. L'avis de ses collègues l'y décida. Dès le 9 janvier, il leur avait donné lecture de la dépêche de M. de Chaudordy en date du 29 décembre. Ernest Picard était seul à vouloir qu'on se rendît aux instances de la Délégation. Encore estimait-il nécessaire,, comme le général Trochu et Jules Simon, que Jules Favre quittât Paris seulement après la cessation du bombardement. Emmanuel Arago ne voulait en aucun cas d'une conférence. Finalement on adoptait l'avis de Trochu, de Jules Simon et de Picard, qui était aussi celui de Jules Favre : la décision était ajournée*.
Le 11 janvier, dans la matinée, après avoir reçu la dépêche de lord Granville, Jules Favre réunissait ses collègues au ministère des affaires étrangères et, de nouveau, l'on décidait qu'il ne se rendrait pas à la conférence. Le soir, à 10 heures, seconde réunion. Cette fois encore, les idées avaient changé. Jules Favre concluait pour le départ, avec l'appui d'Ernest Picard et de Jules Ferry. Ce dernier venait « de lire les journaux et avait réfléchi ' ». Mais la majorité s'y opposa vivement, faisant valoir « l'inopportunité d'une telle démarche, au moment où le siège touchait fatalement à sa fin.