‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 168 sur 326 · L. Larchey, p. 2i · texte numérisé non relu

L. Larchey, p. 2i

Le 6 janvier, un repris de justice nommé Drouhin passe devant le 1*' conseil de guerre. Il s'est vanté d'avoir des intelligences avec Tennemî et des témoignages sont produits dans ce sens : il est condamné à cinq ans de prison*.

Pour lutter contre ces défaillances, cette universelle décomposition, le gouverneur n'emploie d'autres armes que ses pix)clamations et, depuis longtemps, elles sont impuissantes. Les rapports militaires, toujours écrits dans la même langue banale et vide, semblent faits pour entretenir la « badauderie» parisienne. Celui du 10 janvier signale la prise de couvertures et de casques. Quelques jours avant, il s'agissait de marmites enlevées aux « Prussiens' ». On s'adresserait à des enfants qu'on ne parlerait pas d'autre sorte.

Si l'armée va chaque jour se désorganisant, la garde nationale est non moins profondément travaillée, pour d'autres causes. Les bataillons où dominent les opinions avancées ne croient plus à la défense, s'ils y ont jamais cru. Ils ne sont point disposés à donner leur sang au salut de la « République bourgeoise », et se réservent pour l'avenir. « Il y a beaucoup de charlatanisme » dans l'étalage qu'ils font de leur courage. « Depuis qu'ils savent qu'on va les employer, leur enthousiasme a beaucoup baissé^, » — «Mauvais soldats, indisciplinés, braillards, vantards et grossiers, ils pullulent sur les places publiques, jouent au bouchon, insultent nos soldats et passent leur temps chez les mastroqueta. Ces gens-là sont prêts pour toutes les émeutes*. » Aux avant-postes, aux tranchées, ils ne cessent de donner l'alerte par des fusillades intempestives. Le coup de fusil d'une sentinelle, l'apparition de corbeaux sur la neige suffisent à les faire éclater*. Les officiers désertent leur poste sans vergogne, même parmi les mobilisés. Les plaintes contre ceux-ci sont continuelles : « Leur

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