‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 169 sur 326 · Colonel de Ponchalon, p · texte numérisé non relu

Colonel de Ponchalon, p

voisinage est pour nos troupes un motif d'appréhension et un embarras plutôt qu'un soulagement dans le service ^ »

D'autres « régiments de Paris » se distinguent par leur bel aspect et leur entrain au feu, comme ils vont le prouver à Buzenval. Mais « on ne fait pas, même d^un homme de cœur et de bonne velouté, un soldat en lui mettant un sac et une gamelle sur le dos, un fusil sur l'épaule et des cartouches dans sa cartouchière ». Il lui manque l'instruction, l'entraî- \^ nement, surtout les cadres et l'éducation militaire*. D'ail-

leurs l'antipathie se fait toujours plus vive entre les gardes nationaux, la ligne et les mobiles. Les premiers traitent les seconds de capilulards. On les nomme à leur tour : « Messieurs de la défense à outrance. » Trop souvent on dédaigne, on ridiculise leur bonne volonté ignorante; on les laisse croupir dans Pinaction'.

Les corps francs sont plus indisciplinés encore que la garde nationale et la ligne, s'il est possible. Contre eux les plaintes sont continuelles. Le 10 janvier, le général Blanchard télégraphie à Vinoy, au sujet de francs - tireurs en position à Bas-Meudon : « Impossible de compter sur ces gens-là ; il est préférable de s'en passer et de les faire licencier*. » Les distributions irrégulières, les réquisitions illégales sont d'une pratique courante parmi eux. Une fraude également fréquente « consiste à se faire inscrire sur les contrôles de trois ou quatre corps différents, de façon à toucher de chacun d'eux là solde et les vivres sans y faire aucun service, et à la cumuler avec celle de 1 fr. 50 c. que reçoit la garde nationale ^ » .

1. Lettre du colonel Heille au vice-amiral Saisset, 13 janxler /Ducrot, tome IV,

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