‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 176 sur 326 · Procès -verbaux cités, 6, 7 el 8 janvier · texte numérisé non relu

Procès -verbaux cités, 6, 7 el 8 janvier

2. Trochu, Œuvres posthumes, tome !«', p. 6i4; Jules Favre, tome II, p. 816.

5. Jules Favre, tome II, p. 817; Trochu, Œuvres posthumes, tome I", p. 5i7. 4. Proeès-verbaux cités, 8 janvier.

6. Dépôclie du 22 décembre, datée de Lyon, Ducrol, tome IV, p. 38 J. Favre, qui la reproduit, tome II, p. 215, la date à tort du 21.

miste. Elle donne plus de détails sur le mouvement de Bourbaki, dont le but est « de se jeter sur la ligne des Vosges derrière Tennemi et d'aller, s'il le faut, jusqu'aux portes de TAllemagne ». L'ensemble des forces de TEst s'élève à plus de 160,000 combattants. Les préliminaires ont « assez bien » marché. A Nuits, « on a tué plus de sept mille PrussiensV . . Après avoir fait occuper Dijon et Gray, nous poursuivons notre marche sur Vesoul, ce qui pourrait bien débloquer Belfort sans coup férir, »

De même, au Mans, Chanzy « est tout à fait à la veille de reprendre l'oflfensive ». Il va opérer entre Chartres et Dreux, avec l'appui d*un corps d'armée venant de Cherbourg et du Havre. Faîdherbe appuiera son mouvement vers le nord. En somme, « nos bonnes chances augmentent tous les jours. . . Les Prussiens ont perdu près d'un demi-million d'hommes depuis qu'ils sont entrés sur notre territoire; leur matériel de guerre, si considérable. . . , a diminué. . . Bien des batteries sont hors de service. »

Quant à la France, elle « veut la guerre sans merci, même après la chute de Paris. . . Des défaites. . . ne feraient qu'enflammer ses sentiments. Elle est complètement changée depuis deux mois ; l'âme de Paris s'est répandue sur elle et l'a transfigurée "... »

Enfin, une dernière dépêche, du 5 janvier, raproduit ce télégramme de Faidherbe : « Aujourd'hui, 3 janvier, bataille sous Bapaume, de 8 heures du matin à 6 heures du soir. Nous avons chassé les Prussiens de toutes les positions et de tous les villages; ils ont fait des pertes énormes et nous des pertes sérieuses*. »

1. Perles réelles des Allemands à Nuits : 55 officiers, 885 hommes {Campagne de l'FM en !S70'W1. Nuits et Villersexel, p. 85).

2. Dépôcho du 31 décembre i'<70-3 janvier 1871 ; Jules Favre, tome II, p. 8L9. — Le total dos pertes allemandes, durant toute la campagne, s*est élevé à 6,847 odiciers et 123,453 hommes de troupe tués, blessés ou disparus {Étal-major prussien, lomo V, p. 1640).

S. Dépêche du 5 janvier, Duerot, tome II, p. 40. Jules Favre, tome II, p. 3i7, la porte à tort au 3.

Une dépêche sans date, da Fagenco Havas, jointe aux précédentes, respire les mémos illusions [J. Favre, tome II, p. 2i6; Duerot, tome IV, p. 40).

Pour apprécier Teffet produit par ces nouvelles tant attendues, il faut se souvenir que Chanzy, battu sur le Loir, a dû se retirer vers Le Mans. Il est si peu prêt à reprendre l'offensive que, les 10, 11, 12 janvier, il aura à subir sous cette ville le choc de Frédéric-Charles \ Sans doute on peut attendre d'importants résultats du mouvement de Bourbaki, mais, le 5 janvier, il est encore au sud de Vesoul et n'arrivera sous Belfort que le 15, après d'excessives lenteurs*. Quant à Faidherbe, il énonce dans son télégramme des faits très exagérés. Il n'a pas enlevé toutes les positions allemandes, puisque la principale, Bapaume, et d'autres points encore sont restés à l'ennemi. Celui-ci n'a pas fait des pertes énormes, et la situation est telle que Faidherbe prescrit, le soir même, la retraite sur Arras, après un demi-succès sans lendemain^.

Naturellement Paris ignore tous ces détails. De ceux donnés par Gambetta, il conclut que rien n'est perdu, bien au contraire. Il rebondit à l'espérance. La joie est universelle. On s'aborde « dans les rues avec effusion ; on se serre les mains : — Pensez- vous que nous sortirons de là? — Je commence à le croire. — N'est-ce pas? » On s'encourage à tenir ; on est si content qu'on revient sur le compte de Trochu*.

Le gouvernement n'est pas loin de partager ces illusions. Son président signale au conseil, le 8 janvier, « l'habile manœuvre du général Bourbaki, se portant vers les Vosges ; c'est là de la grande guerre... ». Il s'applaudit de n'avoir pas encore livré la bataille projetée*. Mais cette impression est de courte durée. Dès le 10 janvier, le ton de Trochu change. Il «croit une attaque générale imminente pour le 16'. Les forts du Sud et de l'Est sont très maltraités ; il faut se pré-

1. Campagne de la Loire en 1S70-i871. Josnes, Vendômet Le Mans, p. 234.

2. Campagne de l'Est en 1870 1871. Nuits, VilUrsexel, p. 194.

Page 1