J. Favre, lome II, p
communication, «dans un grand embarras*.» — C'est à ces misérables arguties que nous perdons un temps irréparable !
La démission du général est encore en suspens le lendemain 21 janvier, à midi, lors de la réunion du conseil de guerre réclamé par les maires. Jules Favre et Jules Simon sont présents, ainsi que les généraux Vinoy, de Bellemare, Fournès «et quelques autres». On les invite à faire connaître leur avis sur la possibilité d'une nouvelle sortie. La réponse est unanime : Les troupes sont « absolument découragées et prêtes à désobéir » . La garde mobile réclame « à grands cris la paix et le retour dans ses foyers ». Quanta « conduire la garde nationale seule à Tennemi, c'est la faire égorger sans résultats ». Dès lors on doit se borner à la défense passive. Nous ne pouvons rien au delà*.
Malgré la force de ces conclusions, les maires et plu-: sieurs membres du gouvernement ne se tiennent pas pour convaincus. Ils veulent « consulter des officiers d'un grade moins élevé », et il est convenu que , le lendemain matin 22, on réunira chez Jules Simon, en présence de quelques maires désignés , « des colonels , des chefs de bataillon , des capitaines » , auxquels on adressera les même» questions '. '
Mais cette satisfaction ne suffit pas aux municipalités. Plus que jamais, elles réclament la démission de Trochu, faisant prévoir une insurrection si elle n'est rendue publique le jour même. Le préfet de police, M. Cresson, transmet les nouvelles les plus alarmantes. Dans les journaux, aux clubs, dans les cafés, le déchaînement est universel. Les bataillon» des faubourgs vont marcher sur l'Hôtel de ville*.
Puisque les collègues du général n'ont pu obtenir sa retraite, il est convenu que les maires s'effi)rceront d'y réus-
1. Procès-verbaux cités, 20 janvier soir, Ducrot, tome IV, p. 212.
2. Jules Favre, lome II, p. 348; Ducrot, tome IV, p. 214; Dépêche de J. Favre à Gambelta, 21 janvier, J. Favre, tome II, p. 847.