CHAPITRE XLIV A l'est et au nord de paris
Travaux au nord de Paris. — La li^rne d'investissement. — L'armée du Nord. — Nos ouvrages. — Escarmouches au nord-est de Paris. — Le bombardement au nord. — Les forts de l'est.
Pendant ces événements, à Test et au nord de Paris, les Allemands continuent leurs travaux sans être sérieusement gênés par la défense.
Dès le 24 décembre, contrairement aux propositions du général von Hindersin, le prince royal de Saxe a décidé de donner plus d'extension à son attaque d'artillerie. , Lorsque le bombardement d'Avron aura permis d'obtenir le résultat visé, une partie des pièces disponibles nous empêchera de reparaître sur le plateau. Le reste battra la vallée de la Marne, la plaine de Bondy et les travaux d'approche commencés contre Le Bourget \
Ce projet, approuvé par le roi Guillaume, reçoit son exécution dès l'évacuation d'Avron. Le 31 décembre, deux batteries nouvelles pourraient ouvrir le feu vers Bondy et Drancy. Trois autres, destinées à battre les tranchées dirigées contre Le Bourget, ne sont terminées que le 4 janvier, de même que deux batteries qui voient la vallée de la Marne*.
Malgré tous ces travaux, l'ennemi continue à prendre des
1. ÉLat-major prussien, lome IV, p. li38. — Le général von Hindersin avait, au contraire, proposé, le 18 décembre, de reporter les pièces disponibles au sud, pour opérer une fausse attaque contre le fort de Bicôtre et nos ouvrages vers Villejuif. MoUke fit remarquer la perle de temps qui en résulterait {MoUkes Korrespondenz , p. 471 et suiv.). Voir plus haut, p. 148.
2. Les batteries 14 et 15 sont construites dans la nuit du 29 au 80 décembre ; les n»* 18, 19, 20 sont placées sur la rive droite de la Morée, pour éviter d'attirer le combat vers Le Bourget; les n«* 16 et 17, au nord de Chenneviéres. Les cinq dernières sont terminées le 4 janvier (État-major prussien, tome lY, p. 1138). Voir nos Annexes.
précautions contre une sortie. Le froid vif a rendu ineflScace l'inondation de la Morée, qui couvre les positions de la garde prussienne. Celle-ci reçoit l'ordre de restreindre son front et le Xil* corps d'étendre sa droite jusqu'au ruisseau du Sausset \
Les Allemands sont confirmés dans la pensée d'une prochaine tentative vers le nord par les événements qui se déroulent sur la Somme, où Faidherbe ne cesse de les inquiéter '. Ailleurs encore ils ont des sujets de crainte. Ils ignorent les projets et même l'emplacement actuel de l'armée de Bourbaki. De sa part ils croient à un mouvement vers Montargis. Aussi, le l*"' janvier, la III* armée reçoit-elle l'ordre de porter l'un de ses corps d'armée (U*) sur cette ville, où sa tête arrivera le 5. Pour combler le vide qui surviendra de la sorte dans les lignes d'investissement, le I" corps bavarois, naguère tant éprouvé sur la Loire, viendra s'y intercaler'. Ainsi Paris ne retient même pas autour de lui l'intégralité des forces qui l'investissent. Elles sont destinées à s'affaiblir encore. Le 7 janvier, la P" armée est informée qu'une brigade de l'armée de la Meuse se tient prête à la renforcer par voie ferrée ; d'autres renforts peuvent lui être envoyés s'il est nécessaire*. Cet envoi, motivé par les mouvements offensifs
1. Jusqu'à la fin du siège, les emplacements de l'armée de la Meuse sont les suivants :
IV^ corps, entre Bezons et Les Carnaux inclus ; Garde prussienne, entre Monlmagny et le Sausset ; XII® corps, entre le Sausset et la Marne ; Division wurtembergeoise, entre Gournay et Ormesson inclus. [ÉLat-major prussien, tome IV, p. iiss.)