Voir Campagne du Nord en iit70'1871» 2» édition, p
8. Mollkes Korrespondenz, no*565, 568 et 569; ÉULt-major prussien, tome IV, p. 1139. — La 2« division du !•' corps bavarois, renforcée d'artillerie, vint se placer sur la rive droite de la Seine, à hauteur du VI« corps; le reste cantonna sur TYéres et le Réveillon, en arrière.
C'est du !«' corps bavarois que Gambetta écrivait à Chanzy : « Les Bavarois n'existent plus » (Chanzy, La 2« armée de la Loire, p. 242). Aux premiers jours de janvier, après avoir reçu, il est vrai, grand nombre d'hommes de remplacement, il comptait 17,500 hommes et 108 pièces, et, à la fin du mois, plus de 22,500 hommes. Depuis le 27 décembre, il était en réserve générale à Arpajon et Montlhéry {Ètat-major prussien, tome IV, p. H89).
4. Moltkes Korrespondenz, n^ 605, 606, 607. — Voir Campagne du Nord en WO-mU 2« édition, p. 211.
de Faidherbe, n'aura lieu que les 17 et 18 janvier ; plusieurs des bataillons de Tarmée de la Meuse prendront une part -effective à la bataille de Saint-Quentin \
Dans l'intervalle, Tennemi a continué le désarmement des batteries employées contre Avron. Le 4 janvier, il n'y a plus en face de nos ouvrages de Test que 58 pièces de siège, entre Chennevières et Le Raincy. Le reste est destiné à l'attaque du nord. Pourtant l'artillerie allemande a pris le dessus, malgré sa très grande infériorité numérique : nous avons 151 canons rayés, dont 49 de IQ"" et de 19% dans nos ouvrages de Test et la presqu'île de Saint-Maur*. Les forts ne reprennent le feu avec quelque vivacité que par intervalles, quoiqu'ils soient à peu près intacts'. Quant à nos avant-postes, ils sont ramenés jusqu'au pied des ouvrages, le long du chemin de fer de Mulhouse, de Nogent à Rosny et à Merlan. Nous n'avons plus que des postes avancés à Bondy et Drancy; dès les premiers jours de janvier, les batteries de Bondy ont été désarmées*. Sur tout ce front du camp retranché, nous adoptons une attitude purement défensive. A part quelques escarmouches, il ne s'y produira aucune rencontre jusqu'au 13 janvier.
A cette date, dans la soirée, la marche d'une forte patrouille allemande vers la Suiferie au sud du Bourget amène
1. Moltkes Korrespondenz, n« 623; Campagne du Nord en 1870-1871, 2» édition, p. 266.
2. Élal-major prutsien, tome IV, p. 1149. — Au 4 janvier, nous avons ramené enire les forts de Romainville et de Nogent 82 pièces de gros calibre {Ibidem, p. ii87).
3. Charenton, La Faisanderie, Gravelle, Vincennes sont intacts le 27 janvier. Nogent n'a subi aucune avarie sérieuse, et la batterie ennemie la plus rapprochée est à 8,500 métrés. Rosny est si peu menacé que, le 28 janvier, on peut désarmer les batteries du château de Montereau, situé tout aqprôs, et répartir leurs pièces sur d'autres positions plus exposées. Nolsy n*est pas attaqué siSrieusemenl, Romainville encore moins (Ducrot, tome IV, p. 249). La presqu'île de Saint-Maur n*est pas évacuée par nous, comme l'assure VÉtat-major prussien (tome IV, p. 1149). Le 19 janvier, elle figure dans la répartition des bataillons de la garde nationale (Voir plus haut, p. 257, note 2).
4. État-major prussien, tome IV, p. ii49; Journal des marches et opérations de la 2« armée, Ducrot, tome IV, p. 441. — Les travaux vers Drancy et Groslay furent arrêtés le 30 décembre {Historique de la légion du génie auxiliaire de la garde nationale, Ducrot, tome IV, p. 488).
une vive fusillade ; rennemi engage même des pièces de siège et de campagne. Malgré un long échange de projectiles, de 10 heures à minuit, les pertes sont presque nulles des deux parts *.
Dans la nuit du 14 au 15 janvier, de fortes reconnaissances sont poussées en avant de toute notre ligne, du chemin de fer de Soissons à Neuilly - sur - Marne , sans autre conséquence que d'inutiles fusillades ou des escarmouches. La nuit suivante, le feu recommence au sud du Bourget, toujours avec aussi peu de résultats *.
Ces alertes fréquentes entraînent de lourdes fatigues pour les Allemands, obligés, presque chaque nuit, de prendre les armes, dans l'incertitude oii ils sont d'avoir aflfaire à une tentative sérieuse. Pour y mettre fin, le prince royal de Saxe prescrit de bombarder pendant 48 heures Drancy, le principal point où s'organisent nos attaques contre cette partie des lignes. L'atmosphère s'est éclaircie et les projectiles prussiens produisent un grand effet.
Le 19 janvier, avant le jour, quatre compagnies se portent en reconnaissance sur nos positions. Deux vont contre Drancy, qu'elles trouvent fortement occupé ; une autre enlève, en faisant des prisonniers, les boqueteaux entre Bondy et la ferme de Groslay. La quatrième attaque ce dernier point, l'enveloppe et capture presque toute la garnison, deux compagnies du 114*, à peu près sans tirer une cartouche. La ferme a été fortifiée avec soin, mais, comme d'ordinaire, notre service de sûreté s'y fait avec une déplorable négligence. Nous perdons de la sorte 5 oflSciers et 121 hom-
1. Journal des marches de la 3^ armée, Ducrot, tome IV, p. 444; Rapport du général Ducrot, Journal du siège, par le Gaulois, p. 4i6. — VÉtat-major prussien, tome IV, p. 1150, et le major Kunz, p.' 89, donnent à cet engagement un tout autre caractère. Il aurait consisté en une attaque enveloppante sur Le Bourget, précédée d*un feu violent des forts d'Âubervilliers et de l'Est. Les 6 compagnies du Bourget, renforcées de 5 autres, auraient résisté jusqu'à 2 heures du matin à toutes les attaques.
2. Journal des marclœs de la S« armée, Ducrot, tome IV, p. 44^ et 445.
VÊtat-major prussien, tome IV, p. ii50, et le mcyor Kunz, p. 89 et 90, représentent ces deux engagements comme des attaques du Bourget. L'ennemi perdit, dans le premier, lO tués ou blessés (Kunz, p. 90).
mes, faits prisonniers. L'ennemi n'a qu'une dizaine de tué» ou de blessés \
Avant même cette surprise, l'évacuation de Drancy, de Bondy, de Groslay et de Créteil était décidée*. Elle en est hâtée. Dès lors Groslay reste inoccupé. A Bondy et à Drancy, • il n'y a que des postes d'observation, renforcés le soir. De même nous abandonnons nos tranchées vers Le Bourget^ bien que dans la nuit du 20 au 21 janvier, il doive encore se produire une escarmouche au sud de ce village. Les Prussiens y perdent quelques hommes, peut-être en se fusillant, réciproquement.
Cette série de combats de nuit n'a eu que des résultats insignifiants, sauf la surprise de Groslay. Il a fallu au minimum 1,000 projectiles français pour mettre un Allemand hors de combat % et le tir de l'ennemi n'a pas dû être beaucoup plus heureux. Mais le repos de ses troupes en a été gravement troublé, comme celui des nôtres. Aussi aecélère-t-on les préparatifs de l'attaque contre Saint-Denis, dans la pensée qu'elle mettra fin à ces alertes constantes*.
Depuis longtemps on réunit à Arnouville et Montmorency un important matériel 5 600 voitures ont été rassemblées, un parc de siège constitué à Villiers-le-Bel. Après le bombardement d'Avron, 32 canons de siège, jadis employés contre Thionville et La Fère, ont reçu cette destination. Les capitulations de Mézières et de Péronne permettent d'y ajouter d'autres pièces, si bien que 12 batteries sont construites sur la ligne du Bourget au lac d'Enghien*. Le 21 janvier, 81 ca-
1 . Étal-major prussien, lome IV, p. 1150 ; Kunz, p. 9i ; VioUel-le-Duc, p. 192 ; Journal des marches de la 2« armée, Ducrot, tome IV, p. 448; Larchey, p. 862, lettre du sergent Subileau, du iis^^. Il 8*échappa seulement 24 hommes de la ferme.
2. Ducrot, tome IV, p. 7i, déclaration du g<Snéral Le Flô au conseil, à la date du 18 janvier.