‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 251 sur 326 · E. Caro, p. 1S8 et suiv · texte numérisé non relu

E. Caro, p. 1S8 et suiv

2. Le SX décembre, sur une impériale d^omnibus, un pompier déclare quMl vaut mieux capituler aiJÛourd'hui que demain. Il est aussitôt énergiquement contredit (P. X., Lettres inédites), — Le 28 janvier, « un citoyen qui propose la capitulation sur la place de l'Hôtel-de-VlUe est battu et hué. On a toutes les peines du monde à Tarracher aux mains de la foule >. {Journal du siège, par le Gaulois, p. 465 ; F. Sarcey, p. 287.)

les tourments de cœur et d'affaires, Tappareil guerrier de la cité. . . , la privation de nourriture et de combustible, étaient autant de causes directes et puissantes, qui jetaient la population dans une sorte de rêve désordonné. Elle voulait se sacrifier. . . ^ »

En cette lugubre fin de janvier, les mauvaises nouvelles affluent. C'a d'abord été l'échec de Buzenval, lentement, comme goutte à goutte, annoncé à la ville. Puis, le 23 janvier, le Figaro publie d'après le Daily Telegraph les premiers bruits des défaites de Chanzy et de Bourbaki*. On refuse d'y croire. D'ailleurs, des indications vagues qu'a données le gouvernement, il résulte qu'il s'est produit un temps d'arrêt dans nos opérations de l'ouest et que Bourbakî a remporté des succès importants*. Encore le 21 janvier, le Journal officiel farde inconsciemment la vérité. C'est le 25 seulement qu'il annonce, coup sur coup, d'après le Moniteur de Versailles, la retraite de Chanzy sur Laval, celle deBourbaki après la bataille d'Héricourt, enfin la défaite de Faidherbe à Saint -Quentin*. Tout s'écroule à la fois dans le , léger édifice construit par notre imagination et nos espérances.

En cette extrémité, parmi tant de souffrances, la population n'a cessé d'espérer. Elle est prête à saisir la première branche de salut, à rebondir de l'abîme où elle se sent rouler. Malgré le bombardement, elle reste fidèle à ses habi-

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