J. Favre, tome II, p
Je viens aujourd'hui encore vous demander les moyens de l'appliquer ^ »
Aussitôt M. de Bismarck d'entasser les objections, en poussant le tableau au noir. Cette solution est « tout à fait impossible » aujourd'hui. « Gambetta a partout fait régner la terreur. A vrai dire, il n'est maître que du Midi; dans le Nord, les populations sont plus près de nous que de lui. Mais, là où il commande, il n'est obéi que par 1# violence. Chaque commune est sous le joug d'un comité imposé par lui. Dans de telles conditions, les élections ne seraient pas sérieuses. D'ailleurs, plusieurs de vos départements sont devenus des solitudes. Un grand nombre de villages ont entièrement disparu; dans cet état de ruine et de décomposition, il serait impossible de consulter les citoyens par les voies ordinaires. Ne pouvant faire une assemblée, nous devons, si nous en voulons une, la prendre toute faite*. »
Devant ces exagérations voulues, Jules Favre se récrie. Il nie la réalité du régime de terreur complaisamment dépeint par M. de Bismarck. Puis, ce dernier insistant sur la convocation du Corps législatif impérial , il proteste hautement , déniant par avance toute autorité à cette assemblée, faisant valoir la nécessité d'en convoquer une nouvelle. Il arrive alors à la question essentielle qu'il a paru négliger jusqu'ici, en raison de la direction imprimée à l'entretien par M. de Bismarck. Il désire connaître les conditions qui seraient faites à Paris, « s'il avait le malheur de se rendre®, »
€ Il m'est difficile de les préciser toutes, reprend M. de Bismarck, parce qu'ici la question militaire domine la question politique. » Jules Favre le prie alors de s'expliquer « sur le sort de la garnison, de la garde nationale et sur l'entrée de l'armée prussienne à Paris. »
€ Ce sont précisément les points sur lesquels nous ne sommes pas encore fixés, le Roi, M. de Moltke et moi. La garnison de Paris doit être prisonnière d'après les lois de la