Ibidem
€ Vous arrivez trop tard. Nous avons traité avec votre empereur ; comme vous ne pouvez ni ne voulez vous engager pour la France, vous comprendrez sans doute que nous cherchions le moyen le plus efficace de terminer la guerre. » Puis, Teffet de ce coup de massue produit, vient une hautaine mercuriale sur l'inutilité de la résistance après le 4 septembre, qui n'a été qu'un « acte d'amour-propre national. . , parfaitement inutile. . . Maintenant nous sommes bien décidés à finir la guerre, et nous voulons pour cela chercher le moyen le plus direct et le plus sûr. Ne trouvant point en vous un gouvernement régulier, nous le cherchons ailleurs, et nous sommes en négociations assez avancées avec celui qui, à nos yeux, représente la tradition et l'autorité. Nous n'avons à cet égtird aucun parti pris et sommes en face de trois combinaisons : l'Empereur, le Prince impérial avec une régence, ou le prince Napoléon qui se présente aussi. Nous avons également la pensée de ramener le Corps législatif, qui représente le gouvernement parlementaire. . . Nous pourrions nous entendre avec lui ; le Corps législatif traiterait directement la question ou ferait nommer une Assemblée qui la traiterait elle-même. Elle choisirait ainsi son gouvernement, et nous aurions un pouvoir avec lequel nous pourrions conclure*. »
Sans doute, rien de tout cela n'est vrai. Le chancelier ne songe guère à rendre la France aux Bonaparte, quoiqu'il affirme le contraire. Il n'y a aucun intérêt pour l'instant. La guerre civile nous affaiblirait, il est vrai, mais elle retarderait la paix qu'il désire, puisqu'elle sera la consécration de son œuvre. Le but qu'il vise est d'effrayer Jules Favre*, il y parvient pleinement. Son interlocuteur exprime sa surprise et proteste contre la pensée de ramener la dynastie impériale. Pourquoi, dit-il, ne pas « laisser à la France le soin de prononcer sur elle-même, par une assemblée librement élue? C'est là précisément la solution que j'ai toujours poursuivie, que je regrette amèrement de n'avoir pu faire prévaloir.