CONVENTION DU 28 JANVIER
Le général de Valdan à Versailles. — Conférence avec Moltke. — I^a question des armes. ' — Signature de la convention. — Jules Favre et Varmée de l'Est. — L'armistioe'et les généraux ennemis.
C'est le général de Valdan, chef d'état-major de Vinoy, que le conseil a désigné pour remplacer M. de Beaufort^ Cette fois, la réunion des plénipotentiaires a lieu à Thôtel qu'habite Moltke, dans une pièce assez grande, à deux fenêtres. Le chef d'état-major, tournant le dos au jour, préside, ayant à sa gauche Valdan, à sa droite M. de Bismarck. A cdté de ce dernier, Jules Favre. Ils sont séparés des autres officiers allemands par une table sur laquelle écrivent les deux secrétaires.
« Avec sa figure rasée, souffreteuse et comme craquelée d'une infinité de petites rides », Moltke n'a rien du type ordinaire de nos généraux. Il ressemble plutôt à un bénédictin ou à un vieil acteur*. « Chacune de ses paroles, nette, aiguë, précise», semble produite par la vibration d'une languette d'acier. Il est vêtu d'un uniforme des plus simples et porte noué à sa boutonnière le ruban de la Croix de fer. En dépit de ce voisinage, M. de Bismarck, dans sa tunique blanche, n'a rien perdu de son aspect imposant. « Il ressemble à un monarque entouré de sa cour*. »
Valdan a des instructions très vagues. Il ignore entière-
1. Dans sa dépositioD, Jules Favre explique ce remplacement par le fait que Beaufort s'est montré «trop cassant a {Enquête» tome V, p. 162;. D*aprô3 M. Busch, tome II, p. 291, Jules Favre arrive le 28 vers il heures avec M. Durrbach, deux autres représentants des grandes compagnies de chemins de fer, le général de Valdan et son aide de camp. Us déjeunent à Thôtel Jessé, avant do se rendre chez Moltke. C*esl à la date du 28, p. 298, que M. Busch mentionne pour la première fois la présence de M. d*Hérisson.