Campagne de l'Est. Héricourt, La Cluse, p. 282 et suiv
tion ne reçoit aucune dépêche de Paris. Jules Simon n'en part que le matin du 30, sans même annoncer son arrivée. Gambetta perd patience, d'autant plus que le général Clinchant ne cesse d'attirer son attention sur l'interprétation que donne l'ennemi à la convention. Il adresse un télégramme à Jules Favre, par Versailles (30 janvier, 2 heures du soir), et c'est M. de Bismarck qui répond (31 janvier, 12'' 15 du matin) \ Sa dépêche est la première qui donne à la Délégation un résumé à peu près exact de la convention conclue trois jours auparavant. C'est l'ennemi qui répare les omissions du gouvernement de Paris ! Le 31 janvier, à 4'' 40 du soir, Jules Favre télégraphie à Gambetta sans lui donner encore aucun détail sur l'armistice. Le 2 février seulement, à 5** 15 du soir, il lui en enverra le texte complet*. Déjà Chanzy le lui a communiqué, venant du prince Frédéric-Charles.
1. « Votre télégramme à M. J. Favre, qui vient de quitter Versailles, lui sera remis demain matin à Paris. À litre de renseignement, j'ai Thonneur de vous communiquer ce qui suit : L*armislice, conclu le 28, durera jusqu'au i9 février. La ligne de démarcation, séparant les deux armées, part de PontrÉvèque. .. Les hostilités continuent devant Belfort et dans le Doubs, le Jura et la Côte-d'Or, jusqu'à entente. Assemblée nationale à convoquer; reddition de toute la population de Paris; armée de Paris prisonnière de guerre, sauf effectif nécessaire pour maintenir sûreté intérieure; la garde nationale reste armée. Les troupes allemandes n'entreront pas en ville pendant l'armistice. Paris ravitaillé. Circulation libre pendant les élections. . . » {Enquête, tome IV, p. 148; Jules Favre, tome III, p. 497.)
2. Enquête, tome IV, p. 148; tome VI, p. lO, déposition de Freycinet,