Journal du siège, par le Gaulois, p
3. Le Figaro du 28 janvier; Journal du siège, par le Gaulois, p. 466.
4. Un beau poulet qui se vendait de 55 à 65 fr., vaut de 25 à 35 fr. ; un lapin, de 20 à 25 fr., au lieu de 40 à 50 fr.; la livre de graisse, 1 fr. 90 c, au lieu de 2 fr. 50 c. ; les pois secs, 2 fr., au lieu de 4 fr. ; les pommes de terre, 2 fr. 25 c. le litre (Journal du siège, par le Gaulois, p. 47i, à la date du 28 janvier; Ibidem, p. 467).
commandant de la milicci le lieutenant-colonel Piazza, qui commande le 36® régiment de Paris, et lui donnent pour chef d'état-major le chef de bataillon Brunel, du 107* bataillon*. Ils comptent entraîner une partie de Tarmée et surtout les marins, parmi lesquels Tamiral Saisset. A minuit, on bat la générale à Belleville, au faubourg du Temple, dans les X* et XIIP arrondissements. A 1 heure, le tocsin retentit à Saint-, Laurent, à Téglise Bonne -Nouvelle, à Saint -Vincent -de- Paul.
Sur certains points, devant Saint-Laurent, à la mairie du Temple, au 3* secteur, quelques centaines de gardes nationaux se rassemblent, mais pour se disperser bientôt. Les organisateurs eux-mêmes s'aperçoivent que « de toutes ces criailleries, il ne reste pas grand'chose ». C'est « un four complet * ». Quelques officiers, ne se tenant pas pour battus, vont manifester chez M"' Saisset, Tamiral Bosc ou le général Ducrot, Tout se perd en phrases creuses 5 le lendemain, le préfet de police fait arrêter Piazza et Brunel à leur « quartier général », 228, boulevard Voltaire ®.
Ce ridicule a vertement laisse les coudées franches au gouvernement. Le 28, le Journal officiel publie une proclamation qui, tout en excitant des sentiments contradictoires, montre clairement aux plus prévenus Timpossibilité de la résistance*. L'habitude de la « phrase » est si invétérée chez
1. Ducrot, tome IV, p. 367, intervertit l'ordre et les fondions de ces deux officiers. Nous nous en rapportons aux débats du i^' conseil de guerre, audiences des 2 et 11 février i87i. Le « général » Piazza était capitaine en retraite; Brunel, ex-sous -lieutenant au 4® chasseurs.
2. Lettre du chef de bataillon Valadier au lieutenant-colonel Piazza, lue aux débats du 11 février.
3. Le i®' conseil de guerre déclara par cinq voix contre deux les accusés non coupnhlf^s d'excitation à la guerre civile; par quatre voi& contre trois, non coupables de s*étre mis à la tôle d'une bande armée; à l'unanimité, coupables d'^usurpalion de fonctions. Il les condamna à deux ans de prison. — Le « général » Brunel joua un rôle dans la Commune, du 25 mars au 2 avril, date à laquelle il fut « mis en disponibilité. » (Ducrot, tome IV, p. 359; L. Larchoy, p. 276). ^
4. «....Paris veut être sûr que la résistance a duré jusqu'aux dernières limites du possible ; les chittres que nous donnerons en seront la preuve irréfragable, et nous mettrons qui que ce soit au défi de les contester. Nous montrerons qu'il nous reste fout juste assez de pain pour attendre le ravitaillement»
les membres du gouvernement, qu'ils jugent nécessaire de terminer ce funèbre avertissement par une fanfaronnade d'un goût détestable: «Nous sortons de la lutte, qui finit retrempés pour la lutte à venir ; nous en sortons avec tout notre honneur, avec toutes nos espérances, malgré les douleurs de l'heure présente. Plus que jamais, nous avons foi
, dans les destinées de la Patrie. » Le général Trochu et ses collègues ne se doutent guère que la « lutte à venir », c'est la guerre civile, qu'ils ont tant contribué à déchaîner. Afin de calmer les esprits. Clément Thomas convoque les plus exaltés, environ cinquante chefs de bataillon de la garde nationale, pour leur exposer la situation et les prier de s'employer à la faire comprendre. Dès les premiers mots, il est violemment interrompu. Indigné, il riposte aussitôt, apostrophant les officiers par leur nom : «Vous voulez combattre, mais, pour cette lutte désespérée, faut-il compter sur vous, commandant, qui vous cachiez avec votre bataillon à Buzenval, derrière un abri sûr?... Et vous, un tel, marcherezvous demain, vous que j'ai vu, de mes yeux, refuser d'avancer au feu, malgré des ordres précis et répétés; et vous, si brave en paroles, ne vous ai-je pas rencontré blotti dans un fossé ^ ?» De là des colères, qui se traduiront au 18 mars par l'assassinat du général. Comme les tyrans, la plèbe ne peut souflfrir la vérité.
Pour le moment, l'agitation est purement superficielle. Elle ne gagne pas la masse de la population. A la nouvelle
. de la capitulation, celle-ci éprouve « ce mélange de sentiments contraires qui se partagent notre âme à Tannonce de la mort qui termine une longue et douloureuse maladie. Cette mort était inévitable ; elle décharge donc l'âme d'un
et que nous ne pouvions prolonger la lutte sana condamner à une mort certaine deux millions d'hommes, de femmes et d'enfants.
« Le siège de Paris a duré quatre mois et douze jours; le bombardement, un mois entier. Depuis le id janvier, la ration de pain est réduite à soo grammes; la ration de viande de cheval, depuis le I5 décembre, n*est que de 30 grammes... » (L. Larchey, p. 278; Journal du siège, t^ù le Gaulois, p. 471; Ducrot, tome IV, p. 359.)