Journal officiel du 7 décembre 1870; Larchey, p
3. Ch. BessoD, Histoire d'un bataillon de mobilet. Siège de Paris, p. 90.
4. Amiral de La Roncière, la Marine au siège de Paris, p. 21 1.
viennent à tenter de forcer les poritesde Paris pour y rentrer. Les déserteurs sont en très grand nombre. Le 12 décembre, on en signale environ 230 aux avant-postes allemand8^ Le 14, 280 se présentent à Créteil seulement et Tennemi croit une capitulation prochaine *.
Plus que jamais, la répression est d'une incompréhensible faiblesse. Le 13 décembre, le sous-lieutenant Guillouzic, des mobiles de la Seine-Inférieure, est révoqué pour abandon de son poste devant l'ennemi, crime qui devrait entraîner la mort*. Entre nos avant-postes et ceux de Tenncmi, une trêve tacite est trop souvent établie : « La ligne de démarcation que trace la Marne entre les assiégeants et les assiégés est scrupuleusement respectée. On s'invite même à boire quelquefois , et quelques Français trop confiants ont déjà été victimes des pourparlers qui s'établissent ainsi, d'une rive à l'autre. On les a retenus prisonniers. Peut-être n'ont-ils pas voulu revenir. Cette suspension des hostilités, qui paraît convenue presque partout aux avant - postes , est une tactique à laquelle nos ennemis se prêtent volontiers sur tout le périmètre de l'investissement. La surveillance continuelle, les alarmes incessantes, auxquelles donneraient lieu des escarmouches répétées de notre part, mettraient bientôt sur les dents des adversaires trop fatigués et trop peu nombreux pour se tenir partout sur une rigoureuse défensive. C'est en tolérant, par une inexcusable faiblesse, une pareille inaction, c'est en fermant volontairement les yeux sur les désordres qu'elle engendre, que nous sommes arrivés, au bout de trois mois de siège, à cet état de désorganisation, à cette absence complète de ressort militaire dont
1. Correspondance du i4 décembre, publiée par la Gazette de la Croix; Larchey, p. 194. — Le journal prussien ajoute que ces déserteurs ont été refoulés vers Paris, et qu'on agira toujours ainsi à Taveuir; il ne semble pus que cette menace ait été mise à exécution.