Moltke, Correspondance citée, n
3. Larchey, p. 194. — Un décret du 18 décembre rend au gouvernement la Domination des officiers de la garde mobile. Voir le texte dans le Journal du siège de Paris, publié par le Gaulois, p. 3J6, et au Journal officiel. Dès \q 4 décembre, le général Le Flô avait fait approuver cette mesure (Procès verbaux cités).
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on trouve,. à chaque pais, les preuves navrantes et les marques honteuses ^ . . »
Cette indulgence va si loin qu'elle finit par révolter les révolutionnaires eux-mêmes. Le 24 décembre, à la salle Valentino, on vote presque unanimement la motion suivante : « Le club invite le gouvernement à ne pas user systématiquement du droit de grâce quand la peine de mort a été prononcée par une cour martiale. »
Si Tindiscipline croît tous les jours dans les troupes régulières et parmi les mobiles, que dire de l'immense cohue de la garde nationale, où se confondent tant d'éléments médiocres ou mauvais, que ne contient aucune espèce de tradition d'esprit de corps ?
Le 25 novembre, le bataillon des tirailleurs de Belle ville, qui a fait des demandes réitérées pour être employé à l'extérieur de Paris, est envoyé aux tranchées en avant de Créteil. Il y relève une compagnie de ligne, qui a occupé ce poste jusqu'alors, « dans le calme le plus parfait ». Le soir du 28, une cause inexpliquée provoque parmi ces gardes nationaux une vive fusillade et bientôt la fuite de la majeure partie des 1" et 2* compagnies. C'est à grand'peine que le chef de bataillon parvient à les rallier. Mais cette échauflfburée leur coûte six hommes tués ou blessés par eux-mêmes. On est contraint de les ramener sous le fort de Charenton. Quand on veut les renvoyer aux tranchées, ils s'y refusent énergiquement. Le 4 décembre, le bataillon, fort de 457 hommes au départ, a déjà perdu 61 déserteurs rentrés à Paris avec armes et bagages. Le commandant Lampérière demande la dissolution de sa troupe, en même temps que la liberté de reprendre son fusil et de rentrer dans le rang, « pour se purifier du trop long séjour qu'il a fait aux tirailleurs de Belleville ». Il ajoute, dans un autre rapport, que « les actes d'insubordination envers les officiers et les sous -officiers se renouvellent constamment, et que, malgré la plus grande
1. Francis Ganiier, le Siège de Paris, Journal d'un officier de marine, p. 103 et suiv. — Voir Siège de Paris. Le Bourget-Champigny, p. 188.
surveillance, les vols de vivres se commettent d'homme à homme ^ » .
Le 13 décembre, dans un ordre, le général Clément Thomas signale une section du 214* bataillon de marche (Ménilmentant), qui a abandonné les avant-postes après quelques coups de fusil V
Le 14, c'est un autre bataillon, celui des volontaires du 147* (La Villette), qui a reçu Tordre de partir pour Rosny et qui, au moment du départ, compte en tout « 109 hommes, dont la plupart ont négligé de prendre leurs armes ' ». Il est dissous, comme le précédent, avec les coùsidérants les plus énergiques.
Le 16 décembre, le 200* bataillon sort de Paris pour occuper les avant^postes de Créteil. Presque aussitôt le général commandant à Vincennes adresse à Clément Thomas la dépêche suivante : « Chef de bataillon du 200* ivre ! La moitié des hommes ivres ! Impossible d'assurer le service avec eux. Obligation de faire relever leurs postes. Dans ces conditions, la garde nationale est une fatigue et un danger de plus*. » La révocation du commandant Leblois est aussitôt prononcée, mais cette mesure anodine et d'autres du même genre n'empêchent pas l'ivrognerie de faire la tache d'huile, parallèlement à l'indiscipline, « Comment chasser du souvenir ces gardes nationaux de Paris, sales, au regard égaré par l'alcool, à l'allure insolente, l'injure à la bouche, insultant leurs officiers, défiants et crédules à la fois*? »
Obéissant aux instincts de cabotinage si profondément an-
1. Ordre du gëndral Clément Thomas, 6 décembre 1870; Rapport du colonel Le Mains, 5 décembre; Rapports du chef de bataillon Lampériôre, 4 et 5 décembre; Ducrot, tome II, p. 42 1 et suiv, ; Journal officiel du 7 décembre 1870. Suivant M. Cornudet, p. 285, « les actes de la débauche la plus mouslrueuse s'accomplissaient dans la tranchée » occupée par les tirailleurs de Belleville.