‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 43 sur 326 · Journal officiel du i6 décembre · texte numérisé non relu

Journal officiel du i6 décembre

2. Celle dépêche, comme la précédente, fut imprudemment insérée au Journal officiel du 16 décembre 1870.

s. Jules Favre, tome II, p. 177 ; M. Cornudel, p. 306 et suiv. ; F. Sarcey, p. 199.

Il ne s'agit que de durer le plus longtemps possible ^ D'ailleurs Tennemi contribue sans le vouloir à entretenir cette confiance. Le 10 décembre, à la suite d'un échange, il nous rend quatre officiers pris le 2 décembre à Loîgny. Ce qu'ils ont vu des combats au nord d'Orléans n'est pas aussi décourageant qu'a bien voulu le dire Moltke, et le Journal officiel le fait connaître à Paris*.

Jules Favre persiste à considérer la situation comme des plus graves. Tenant compte des difficultés du ravitaillement, craignant, par-dessus tout, d'acculer la population à la famine, il a fixé plusieurs fois au 15 décembre, dans ses dépêches à Gambetta, la limite extrême de notre résistance*. Il juge que, si cette date peut être reculée, il faudra de toute nécessité s'arrêter quinze jours avant l'épuisement de nos vivres : déjà il se préoccupe de cette douloureuse éventualité. Mais ses collègues refusent de le suivre : « On écartait le débat comme prématuré, on se réservait le bénéfice de l'imprévu et d'ailleurs on protestait avec horreur contre la possibilité d'une capitulation. » La majorité semble incliner de préférence vers une « sortie torrentielle », l'irruption de nos masses armées jetées d'un seul coup sur les lignes ennemies et s'y frayant une brèche sanglante*. Avec grande raison, Jules Favre ne peut en admettre la possibilité : on ne parviendrait pas à franchir l'investissement. D'ailleurs, quel serait le sort de ceux qui resteraient enfermés dans Paris ?^ Il est évidemment impossible de s'en désintéresser.

Bien que la grande majorité du conseil refuse d'envisager une capitulation prochaine, elle pressent sa nécessité. Mais elle croit qUe le gouvernement ne peut la conclure luimême. Si ce malheur vient à s'imposer, la charge en revien-

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