ATTAQUE DU BOURGET
Attaqae de Lamothc-Tenet. — La colonne Lavoignet. — Inaction de Berthaut. Les renforts prussiens. — La retraite.
« Le temps est doux. . . Les terres sont détrempées par le dégel*. » Un brouillard épais voile la plaine Saint-Denis. Les colonnes de Tamiral ont gagné leurs emplacements à 4 heures et demie du matin. Le signal d'attaque doit être donné vers 6 heures trois quarts par la batterie de la Courneuve*. Mais le brouillard le fait retarder d'une heure environ*. A 7"* 45, les forts, les batteries de position, la batterie de 4 de la colonne Lamothe-Tenet, deux wagons blindés, opérant sur la ligne de Soissons et armés chacun de deux pièces, ouvrent un feu très violent. Il doit durer trente minutes contre Le Bourget, d'après les instructions de l'amiral. Pourtant, au bout d'un quart d'heure seulement, il s'arrête et nos colonnes s'élancent*.
Il est 8 heures environ et l'effet produit est peu sensible.
1. Vinoy, p. 304; D^ Sarazin, p. 242. — Au conlraire, le général Trochu (Œuvres posthumes, tome l*'', p. 480) meolîonne « un froid noir qui glace physiquement et moralement les troupes ». De môme M. Robinet de Gléry, p. 175, signale le « froid terrible ».
2. (Dispositif du corps d*armée de Saint-Denis, Ducrot, tome ÏII, p. 39â) et non par des wagons blindés, à 7 heures, comme récrivent le général Ducrol, tome III, p. 153, et M. A. Duquet, Paris, Second échec du Bourget et perte d'Avron, p. 79.
S. Ducrot, tome III, p. .53, et VÉtat-major prussien, iome IV, p. 722, portent le début de Valtaque à 7'» 45; riilstoriqne de la division Bollcmare Indique 7'» 35 (A. Duquet, loc. cit., p. 79); le journal de marche de la 2« armée, 7 heures et demie (Ducrot, tome III, p. 4if>). — Au contraire, le major Kunz, p. 58, écrit environ 7 heures. Nous avons déjà fait remarquer que l'heure française avance de 46 minutes environ sur l'heure des Allemands pendant le siège de Paris (Siège de Paris. Le Bourget-Champigny, p. 16).
4. La Ronclère, p. 239; Ducrol, tome III, p. 153. — VÉtat-major prussien, loc. cit., écrit une demi-heure et le major Kunz, p. 54, trois quarts d'heure environ. Le Dispositif de Tamiral disait 30 minutes (montre en main).
Les colonnes Lamothe-Tenet et Lavoîgnet se précipitent sur Le Bourget.
La garnison s'attend à une attaque. Vers 7 heures, elle a même remarqué des groupes au sud, au sud-est et au sudouest, malgré Tépais brouillard. Puis la canonnade commence et les cinq compagnies de la garde prennent leurs emplacements de combat. Elles ne sont pas loin, pourtant, de croire à une démonstration, comme il s'en produit souvent depuis le début du siège \ Mais la colonne Lamothe- Tenet ne tarde pas à paraître vers Touest. Elle est partie de La Courneuve, en avant de laquelle a pris position une batterie (de 4, capitaine Durand). Le 3* bataillon de fusiliersmarins, vigoureusement enlevé par le capitaine de frégate Valessie, se dirige vers la Mollette, qu'il traverse sur des fascines en amont du pont de Dugny*. L'ennemi a déjà remarqué notre mouvement ; il ouvre le feu de Tusine Lecrosnier, du parc au nord-est et du cimetière. Nos pertes sont considérables. Une partie de la colonne se déploie sur Bon flanc droit, face au Bourget. Le reste continue sa marche, dépasse le chemin de Dugny, après avoir enlevé un enclos, et se jette d'un seul élan dans la partie nord-ouest du village, qui est inoccupée. Déjà un certain nombre d'Allemands, venant des lignes en arrière avec du pain ou des moutons, sont tombés entre nos mains. D'autres parviennent à gagner Pont-Iblon et y apportent les premières nouvelles, encore fort confuses, de l'attaque. Quant à celles qu'envoie le capitaine von Altrock, elles sont d'abord interceptées par nous.
Cependant, les fusiliers-marins descendent jusqu'à la rue de Dugny sans rencontrer aucune résistance'. Là, ils se
1. Eunz, p. 51. — D*aprôs cet auteur, les cavaliers du t« uhlans de la ^arde, chargés du service d'estafette au Bourget, viennent justement d'être relevés (2o décembre) par d'autres (3<> uhlans de la garde) qui ne connaissent pas du tout le terraia. D'où des difficultés de transmission.
a. Ducrot, tome III, p. 153. — La nuit précédente, un officier d'ordonnance de l'amiral el le commandant des francs-tireurs de la Presse avaient reconnu ce point de passage.