‹ Siège de Paris (volume 2)Chapitre 76 sur 326 · Vinoy, p · texte numérisé non relu

Vinoy, p

94 BDZENVAL-LA CAPITULATION.

le feu d'Avron. Vinoy prescrit donc de tenir sur place en attendant le jour. Mais il prépare un sérieux eflfort pour le lendemain. La brigade Salmon descendra du plateau et fera une démonstration sur la Maison-Blanche ou la partie est de Ville-Evrart, si Tennemi y est encore. Sous sa protection, le général de Malroy ralliera ses troupes et évacuera l'asile pour se replier sur Neuilly, suivant Tordre du gouverneur \ La retraite de l'ennemi rend ces préparatifs inutiles, maïs elle ne modifie en rien la physionomie de ce combat, Tun des plus attristants du siège de Paris*. De Ville-Évrart, lapanique a gagné Neuilly- sur -Marne et même au delà. Les bataillons de garde nationale en réserve dans Fontenay-sous- Bois, Neuilly-sous-Bois, ISTeuilly-Plaisance et Rosny lui sont une proie facile. « Bien qu'ils fussent séparés de Tennerai par le village de Neuilly-sur-Mame, protégés par les bataillons de gendarmerie et couverts par le plateau d'Avron, un grand nombre de gardes nationaux prirent peur à la seule appréhension du danger; la pensée d'une attaque encore impossible, qui pourrait venir jusqu'à lui, fit fuir d'abord au fort de Rosny, puis au glacis de l'enceinte et enfin jusque dans Montmartre même le 200* bataillon. . . D'autres. . . montrèrent les mêmes symptômes de découragement et d'épouvante*,

1. Dépêche du 21 décembre, 11I135 du soir, Vinoy, p. 810. Elle se termine ainsi : « Vous ne continuerez pas l'occupation des points dominés où sont vos ^vant-^ardes ; demain matin vous ferez retraiter vos troupes et attendrez mes ordres. »

8. Vinoy crut devoir écrire dans un ordre du 93 décembre : « Quoique surpris et prIv(Ss de leur général, atteint mortellement au commencement de TactioQ, nos bataillons ont fait bonne contenance. Ils ont su résister courageusement, et ont pris ou tué une bonne portie des assaillants. » Le gouverneur attribue cet échec aux soldats : « Nos hommes ont, comme toujours, été très imprudents et très peu soucieux des Jnstructions qui prescrivent, après chaque occupation, de fouiller soigneusement les caves, où rennemi se rend toujours. • (Télégramme à Vinoy, du 22 décembre, 5*"22 du soir, Vinoy, p. 498).

3. Vinoy, p. 321. — Une lettre du commandant DheUj du 3-^^ bataillon, est tout aussi aGfirmalive quant à cette panique : c . . .Nous étions cantonnés à Plaisance, vers six heures et demie du soir, lorsque six soldats et caporaux et cinq officiers du I12<> de ligne me furent annoncés successivement par nos hommes de garde, et déclarèrent que les Prussiens avaient occupé Ville- Évrart, massacré le 112<^ et rentraient dans Neuill y-sur-Marne, chassant devant eux la gendarmerie et rartillerie, qui, en eifet, à ce moment, traversait Plaisance au grand trot de ses chevaux.

c Le colonel du 24«, auquel le 32^ est Incorporé, me donna Tordre de me

et une partie des hommes qui les composaient se dispersèrent de tous les côtés. »

replier sous les forts. On éveilla sans bruit les hommes, et j*emmenai mon bataillon, précédé et suivi d^autres bataillons ou débris de bataillons, dans une confusion inexprimable. Arrivé à un grand carrefour, en avant du fort de Rosny. . . , les médecins vinrent me déclarer que mes hommes, brisés de fatigue et n*ayant presque pas mangé, étaient incapables de supporter le froid en plaine, et que, si je ne me déterminais pas à rentrer dans Paris, j'aurais le lendemain des hommes gelés, et deux ou trois cents malades.

f La plupart des officiers et des gardes sont du môme avis. En présence de ces observations..., je me suis décidé à donner Tordre de rentrer dans Paris... > L'auteur de cet aveu naïf, mis aux arrêts par le général Clément Thomas, pour sa fuite en bon ordre, protesta en adressant aux journaux la lettre dont nous donnons des extraits (L. Larchey, p. 802).

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