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LebtécotirUSiigt de Piris Jll.
Extrait de la
Des diversions plus insignifiantes s'il est possible, ont lieu aux abords du Mont-Valérien. A hauteur de Rueil, le chef de bataillon du génie Faure tente de jeter un pont entre la rive gauche de la Seine et Pîle du Chîard (nuit du 21 au 22 décembre). Mais le feu de Tennemi embusqué dans quelques maisons l'en empêche. Au matin, deux compagnies de francs-tireurs de Paris se jettent dans Tîle, en s'aventurant sur les ruines du viaduc. Elles tiraillent durant une heure environ contre les landwehriens établis dans Chaton, sans leur causer aucune perte \
Enfin le général Noël a dirigé du Mont-Valérien, vers 7 heures, de fortes reconnaissances sur Longbojau, Buzenval et Montretout. L'ennemi y attache d'abord une certaine importance, parce qu'il voit là une menace pour Versailles, mais nos bataillons se retirent sans s'être engagés".
Telle est l'issue de cette sortie, si bruyamment annoncée. De la journée du 21 décembre, il reste une lutte héroïque, mais malheureuse au Bourget ; une pointe en avant, aussitôt arrêtée, vers Aulnay, un demi-succès suivi d'une honteuse échauflburée à Ville-Evrart. C'est un résultat bien mince pour un si grand déploiement de forces, sur un front si étendu. Nos pertes sont minimes, mais le froid va rapidement les accroître.
La température a, en effet, brusquement changé. Après une matinée brumeuse, le ciel se découvre et la gelée reprend. Le thermomètre descend à — 8" dans la plaine Saint- Denis, 011 nos troupes sont presque toutes bivouaquées, tandis que l'ennemi est au cantonnement. « Quelle cruelle soirée ! Quelle cruelle nuit ! Pour faire la soupe dans ce camp du froid, quelques grains de riz, quelques miettes de biscuit,
1. État-major prussien, lome III, p. 776; Bappvrl mililairedw 2i décembre; Lettre do plusieurs francs* tireurs, Journal du èiège, publié par le GauloU, p. 340. Nous eûmes l officier tué et i blessé. Ce.4 francs-tireurs ajoutent : «Enflammes du désir de la vengeance, les francs -tireurs firent payer chèrement aux Prussiens la mort de leur chef. . . ■
2. Rapport mililaire du 2i décembre; Louis Schneider, l'Empereur Guillaume, Souvenirs intimes, tome III, p. 144. V État-major ftrussien ne mentionne môme pas cette démonstration.
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de Peau qu'on puisait à grand'peine en perçant la glace du canal de TOurcq et qui gelait pendant le transport. La nuit arriva dès 4 heures, sombre, triste ; une bise du nord aiguë, déchirante, lacérait le visage des malheureux groupés autour de rares et chétifs feux de bois vert. . . La terre était trop dure pour qu'on pût enfoncer des piquets de tente. . . ; ils se brisaient....; bien peu dormirent cette nuit-là. . . et parmi les dormeurs, on constata dès le lendemain 900 cas de congélation \ » — « Ce soir-là j'entendis pour la première fois les hommes dire ouvertement : « Nous en avons assez *. » La période la plus douloureuse du siège va commencer, celle où la confiance s'émiette chaque jour, où les colères s'allument, où les privations deviennent toujours plus dures. Beaucoup sentent confusément que la fin du drame approche, sans pouvoir soupçonner quelles effroyables péripéties l'accompagneront.
1. Cité par Ducrol, lome III, p. 188, d*après Sarrepont, p. S84, sans qu'ils on indiquent la source. Voir également J. Favre, tome II, p. 195; le Journal du siège, publié par le Gaulois, p. S4L et 342.