Procès-verbaux cités, séance du 10 décembre
Avec sa finesse parisienne, il a percé à jour le personnage de IVochu. Quant à Jules Favre, il semble que son hostilité ait des motifs plus personnels. Il supporte malaisément la prédominance du général; ses instincts de parlementaire, d'avocat se réveillent contre lui. Il rêve un rôle plus marqué que celui de vice-président et ne va pas tarder à le laisser voir.
Le 22 décembre, il est décidé que deux des membres du gouvernement, J. Favre et J. Simon, se rendront au fort d'Aubervilliers, près du gouverneur, afin de connaître ses projets. Le conseil décidera ensuite*. Nous avons dit quelle désolante impression ces deux hommes rapportent dans Paris. Ils n'ont aucune peine à convaincre leurs collègues de la nécessité d'aviser. La difficulté commence au choix des moyens et, durant plusieurs séances, on discute sans pouvoir se mettre d'accord.
Mais l'hostilité de la majorité est certaine dès le premier moment. Le 24, Ernest Picard déclare que le général Le Flô, ministre de la guerre, est le supérieur du gouverneur. Il est grand temps que l'action militaire soit soumise à un contrôle sérieux. Le lendemain, nouvelle discussion. Jules Favre demande nettement « une autre direction » pour échapper à la capitulation qu'il entrevoit. Il voudrait organiser la « surveillance de l'action militaire » , reprendre pour le gouvernement « sa mission de défense et de contrôle ». 11 connaît « le grand cœur » (lu général Trochu et proteste de ses bons sentiments envers lui ; « il n'est pas sûr à l'endroit de ses facultés militaires. . . Son système de temporisation lui semble mener à un désastre. Il faut donc une intervention amicale, mais ferme, du gouvernement ; il faut appeler le gouverneur à une réunion à laquelle assisteront les généraux, en un mot convoquer un conseil de guerre*... », la pire des résolutions, à prendre quand la nécessité d'agir s'impose.
D'ailleurs, Jules Favre ne tarde pas à montrer le fond de