Mollkes Korrespondenz, p. 481. Voir plus haut, p. I
4. Mollkes Korrespondenz, n" 540, 26 décembre, lO heures et demie du malin. Voir Campagne du Nord, 2^ édition, p. 137.
D'ailleurs, à ce moment même, on attend une g-rande sortie de Paris, le jour de Noël, qu'il serait si doux de passer en Allemagne '.
Malgré tant de succès inespérés, la lassitude de la guerre se montre chez nos adversaires par des traits signilicatifs. C'est, le 26 décembre, une lettre remise par leurs avant-postes de Saint-Denis, pour demander l'échange des prisonniers et, surtout, annoncer la défaite de l'armée du Nord. Il s'y rattache une tentative de négociations assez caractéristique ". Elle montre, de la part des Allemands, le désir de nous décourager par l'annonce d'une nouvelle défaite, et aussi celui d'ouvrir avec Paris les pourparlers qui leur ont si bien réussi autour de Metz. Ils échouent dans cette double combinaison'. Vers la même époque, le Moniteur prtissien de Seineet-Oise apporte le texte d'une proclamation du roi de Prusse à ses armées. Au travers d'exagérations voulues, d'accusations imméritées contre le caractère donné par nous à cette guerre, on voit percer la lassitude, la hâte d'en finir, comme l'estime qu'inspire à l'ennemi la grandeur de nos efforts*.
Depuis de longues semaines, il prépare l'attaque de Paris", non sans des illusions qui se dit^sipent peu à peu. Ainsi, le 9 octobre, Moltke annonce au chef d'état-raajor de Frédéric- Charles qu'on projette « une attaque en règle accélérée » contre Paris, tout en se rendant compte que les préparatifs nécessaires seront très longs. Le 22, dans une lettre au général von Gœben, il aiïecte de considérer un siège régulier « comme un moyen extrême ». Il compte davantage sur l'effet de l'investissement qui dure depuis cinq semaines. Les
1. Mollkes Korrespondenz, n»' 542 et 543, 25 décembre, i heure du soir.
2. L. Larehey, p. 207; Journal du siège, publié par le Gaulois, p. 36 1. — Nous avons dil que ce dernier récit parait émaner de M. Dardcnne de la Orangerie.
3. Ducrot, tome III, p. 208; Procès-rerbaux cités, 26 décembre; Jules Favre, lome II, p. 206. Voir au Journal officiel du 27 décembre le texte de la lettre allemande et les considérations qui raccompagnent.
4. Voir le teste de cette proclamation dans L. Larehey, p. 207, à la date du 25 décembre; F. Sarcey, p. 207. — L'ordre aux armées allemandes, du 6 décembre, que Ducrot donne, lome III, p. 124, sans en indiquer la source, laisse une impression plus confiante.
5. Voir Siège de Paris. Chdlillon, Cltevilly, La Malmaisun, p. 267.
avant-postes saxons n'ont-ils pas annoncé, le 18, que les forts (le l'est avaient tiré sur Paris dans la soirée' ?
On continue néanmoins la concentration du matériel nécessaire, mais avec combien de difficultés ! C'est le 23 novembre que la ligne de Wissembourg à Paris fonctionne jusqu'à Chelles. Avant cette dat?, elle s'arrête à Lagny et même à Nanteuil, où est débarquée la plus grande partie du parc de siège. De ce point, à Villacoublay, où se forme le parc, il y a 67 kilomètres. On veut approvisionner à 1,000 coups 235 bouches à feu'. Ce poids immense de fonte et de gargousses, 50,000 à 60,000 quintaux, représente le chargement de tant de voitures que le prince zu Hohenlohe réclame la construction d'un chemin de fer spécial, sous peine d'un échec. Les difficultés du terrain dans la vallée de la Marne s'y opposent. Le 15 novembre, il n'y a à Villacoublay que les pièces, les outils, les bois de charpente et de fascinage, avec moins d'un quart des munitions nécessaires. Il manque encore 2,250 tonnes de matériel, c'est-à-dire le chargement de 3,000 voitures à 750 kilogrammes. Or, chaque voyage, retour compris, exige huit jours ^ Il en faudrait donc 24 avec 1,000 voitures, sans les 300 véhicules en réserve ou employés à l'in-tallation du parc. Dans ces conditions, on pourrait commencer l'attaque vers le 4 décembre ; mais, au lieu de 1,000 voitures, on en réunit seulement 600 pendant le mois de novembre, et il faut réduire leur chargement moyen à 450 ou 500 kilogrammes*. Pourtant on a requis des véhicules à quatre roues dans un rayon fort étendu, ceux à deux roues que fourniraient les environs de Paris ne pouvant être utilisés. Oa a recours aux attelage 5 des colonnes de munitions et des convois de la IIP armée, quoiqu'ils soient