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CHAPITRE XXII

BOMBARDEMENT d'AVRON"

Le plateau d'Avron. — Son importance. — Xos travaux. — Menaces d'attaque. — Bombardement du 27 décembre. — Ses résultats. — Le 28 décembre. — Évacuation décidée.

Le plateau d'Avrou est un mouvement de terrain isolé, qui se dresse entre les collines de Roraainville-Rosny et les hauteurs du Raiucj-Montfermeil. Il commande à la fois le canal de l'Ourcq et la Marne, la ligne de Strasbourg et celle de ^Mulhouse. Une série de villages s'égrène à ses pieds : Rosny, Xeuilly-Plaisance, Neuilly-sous-Bois, Gagny, Villeraomble. Au delà le terrain se relève en pentes assez raides, pour atteindre une altitude relative de 50 à 60 mètres au sommet du plateau \

Il est sous le feu immédiat de plusieurs forts qui le dominent, celui de Rosny à environ 1 kilomètre de son extrémité ouest, ceux de Noisy et Xogent à 3 kilomètres. Quaïit à sa pointe orientale, elle est à plus de 5 kilomètres de Noisy, à 3''"', 500 de Rosny et de Nogent. Les hauteurs du Raincy se dressent à 2 kilomètres de sa partie la plus rapprochée.

Le plateau d'Avron porte une grande propriété, celle de Beauséjour, et plusieurs villas, quelques boqueteaux, des vignes, des jardins. Ses pentes sont accidentées par des carrières de gypse, surtout vers Villemomble et Rosny ; des parcelles de bois, des vignes ou des vergers les garnissent presque partout ^

1. La cote de l'exirémjlé est atteint à 109 mètres; celle de la pointe ouest, 115. Les forts de Noisy, Rosny, Nogent sont à environ 118 mètres, la vallée de la Marne à 38 mètres, et la plaine Saint-Denis à :>0. Quant aux coteaux du Raincy-Montfermeil, ils atteignent 106 mètres, ceux de Noisy-Ie-Grand, 98 mètres.

2. D'après une lettre de M. Stanislas Meunier à M. Duquel (Paris, Second échec du Bourgel, Perle d'Avron, p. 32(i), la composilion du sol est la suivante à Avron : 50 centimètres de terre végétale ; i mètre de limon sableux, puis argileux, enfin, assez caillouteux; 2 ou 3 mètres de marnes, comprenant dans

Pour résumer les traits essentiels de cette description, nous dirons que le mont Avron se dresse à peu près au centre de trois groupes de hauteurs, dont deux, ceux du Raincy et de îsoisy-le-Grand, sont occupés par les Allemands. Ses batteries seront exposées à un feu enveloppant qui rendra leur résistance difficile. Par contre l'ennemi ne pourrait se maintenir au mont Avron sans avoir fait taire le fort de Rosny et les redoutes voisines, qui le commandent.

Ainsi l'occupation d'Avron, impossible pour les Allemands, sera des plus difficiles pour nous, dès que l'ennemi mettra en jeu des batteries de siège. Atin qu'elle ne soit pas trop coûteuse, il faudrait des travaux habilement dirigés, en vue d'un objectif déterminé, et nous n'avons rien fait de pareil \ Cependant elle est loin de nous être inutile. Elle nous permet de menacer constamment les secteurs voisins de la Marne de la ligne d'investissement' 5 elle interdit à l'ennemi l'usage du pont de Gournay^; elle prend de flanc la partie des positions allemandes rapprochée de la forêt de Bondy. Pendant les batailles des 30 novembre, 2 et 21 décembre, elle nous a été d'un puissant secours^. Si nous devions encore tenter une action offensive dans la vallée de la Marne ou la plaine Saint-Denis, elle nous serait indispensable.

Avons-nous fait, pour le garder, des efforts suffisants? Quatre batteries ont été élevées au saillant sud, face àNeuillysur-Marne ; puis, à la pointe est, deux autres, armées de pièces de gros calibre, contre Chelles, à 5,000 mètres. A droite du parc deBeauséjour, une batterie fait face àGagny;

leur partie moyenne i™,50 de meulières très dures; 5 mètres de glaises vertes à rognons de grès, etc.

Les généraux Trochu (Œuvres poslittimes, tome I^'', p. 50i) et Vinoy, p. ï93 et 338, écrivent, au contraire, que la naluie du sol d'Avron est rocheuse.

1. » Au lieu d'adopter, pour foniBer le plateau d'.\vron, un plan d'ensemble en vue d'une ou de plusieurs opérations défensives, comme en toutes circonstances depuis le commencement du siège, on opéra partiellement.» (Viollel-le-Duc, p. 34.)

2. Moltko, Histoire de la guerre de iS70, traduction Jn-glé, p. ?19; Étatmajor prussien, tome III, p. 767.

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