Sarcey, p. 198 et suiv
4 BUZENVAL - LA CAPITULATIOX.
« Le treizième et le quatorzième étaient étendus sur leurs camarades, dont ils couvraient les pieds et la poitrine.
« Toutes les heures, les officiers faisaient lever leurs hommes et les forçaient de courir pendant un quart d'heure.
c Un exercice aussi fatigant n'a pas empêché nos hommes de faire parfaitement leur devoir \ »
Eux aussi, les collègues du général Trochu traversent les mêmes anxiétés, les mêmes espérances. 11 ne reste plus à leur disposition dans Paris qu'un régiment de gendarmerie et un bataillon de mobiles. Ils redoutent un coup de main des partis avancés, et ces craintes font même décider la réquisition de 8,000 bombes au pétrole, commandées par des bataillons de la garde nationale^.
Le 29 novembre, le général Schmitz, resté au Louvre en l'absence du gouverneur, annonce au conseil que l'ennemi débarque dans la presqu'île de Gennevilliers. Il ne dissimule pas, bien au contraire, les dangers qui en découlent. Aussitôt les imaginations s'échauffent. On voit déjà les Allemands, profitant de notre concentration vers l'est, se jeter sur l'ouest de Paris, par Bezons et Argenteuil. Le ministre de la guerre Le Flô annonce qu'il part avec Jules Ferry pour prendre le commandement de la presqu'île. Kenchérissant encore, le général de Chabaud-Latour donne à la Compagnie de l'Ouest l'ordre de couper à nouveau le pont d'Asnières. Heureusement l'ingénieur en chef^ M. E. Clerc, est moins affolé. Il prend sur lui d'attendre, et l'ordre est bientôt révoqué, sur des dépêches plus rassurantes \
Vis-à-vis de la province comme de Paris, le gouvernement persiste dans son système d'exagération et d'optimisme. Jules Favre écrit à Gambetta (29 novembre soir) : « Paris est dans une agitation extrême ; il souffre beaucoup de l'insuffisance de l'alimentation, mais il a soif de défense