Journal des Concourt, 2« série, tome I*"", p
2. a Allaqués ce malin par des forces caormes, nous sommes au combat depuis plus de sept heures; au moment où je vous écris, l'ennemi plio sur toute la ligne, nous cède encore une fois les hauteurs. Parcourant nos lignes de tirailleurs de Champigny jusqu'à Bry, j'ai recueilli l'honneur et l'indicible joie des acclamations de troupes soumises au feu le plus violent. Nous aurons encore des retours offensifs et cetie seconde bataille durera, comme la première, toute une journée. Je ne sais quel avenir est réservé à ces généreux efTor'.s des troupes de la République, mais je leur dois cetle justice, qu'au milieu des épreuves de toutes sortes, elles ont bien mérité du pays. J'ajoute que c'est au général Ducrot que revient l'honneur de ces deux journées. » iDu plateau entre Gliampigny et Villiers, i''45 du soir.;
Le deuxième télégramme était daté du fort de Xogent, à b^zn du soir :
« Je reviens à mon logis du fort à cinq heures, très fatigué et très content. Cette deuxième grande bataille est beaucoup plus décisive que la précédente. L'ennemi nous a attaqués au réveil avec des réserves et des troupes fraîches. Nous ne pouvions lu'i olTrir que des adversaires de l'avant-veilLe, fatigués, avec un maiériel incomplet, et glacés par des nuits d'hiver, qu'ils ont passées sans couvertures, car, pour les alléger, nous avions du les laisser à l'aris. Mais l'étonnante ardeur des troupes a suppléé â tout. Nous avons combattu trois heures pour conserver nos positions, cinq heures pour enlever celles de l'ennemi, où nous couchons. Voilà le bilan do cette dure et belle journée. Beaucoup ne reverront pas leurs foyers, mais ces morts regrettés ont fait â la jeune République de 1870 une page glorieuse dans l'histoire militaire du pays. » (J. Favre, tome II, p. 138 et suiv.; Larchey, p. 174.)
Voir, égalemoul, la harangue adressée à des bataillons de la garde nationale, dans l'après-midi du 2, par le général Trochu Œ. Chevalet, Mon Journa' pendant le siège et la Commune, par un bourgeois de Paris, p. lij8; Procèscerbaux îles séances du gouvernement, 2 décembre 1370).