‹ Siège de ParisChapitre 125 sur 326 · Vinoy, p. 337 et 503; Ducrot, tomo IIF, p · texte numérisé non relu

Vinoy, p. 337 et 503; Ducrot, tomo IIF, p

2. Dépêche du gtînéral d'Huguos à Vinoy, 27 décembre, lO^is du soir fVifloy, p. 502; Ducrot, tome III, p. 237). D'après i' Étal-major prussien, tome IV, p. 781, le feu d'Avron n'aurait entièrement cessé que le 29.

abri. Les cas de congélation sont nombreux. A ces malheureux, qui supportent ainsi la morsure incessante du froid, les vivres manquent. Un tonneau de thé chaud, envoyé dans la soirée, ne leur apporte qu'un soulagement illusoire, vu leur nombre \

Enfin cette cruelle nuit se termine, mais, dès 8 heures, l'ennemi reprend son feu avec autant de vivacité et plus de précision que la veillé. Le ciel, qui s'est éclairci, facilite sa tâche ". Heureusement les précautions ont été mieux prises, en sorte que nos pertes seront moindres, 60 hommes environ ^ Vers midi, le général Trochu arrive au fort de Rosny et, désireux de se rendre compte par lui-même de la situation, gravit à pied les pentes du plateau. Avec son impassibilité ordinaire devant le danger, il parcourt les tranchées sous un feu de plus en plus vif, nou sans s'exposer grandement à la traversée des endroits découverts. Il peut constater que toute la partie supérieure d'Avron est abandonnée. On n'a pu réparer ni les épaulements, ni les embrasures. Plusieurs magasins à poudre menacent de sauter. En outre, l'ennemi, allongeant son tir, atteint Xeuilly-Plaisance et Rosny où se trouvent nos réserves *.

Cette inspection détermine le gouverneur à prendre un parti sur l'heure. Il réunit en conseil de guerre, au fort de Rosny, Vinoy, les colonels Stoffel et Guillemaut, qui commandent l'artillerie et le génie du plateau. La discussion commence aussitôt, dans une casemate transformée en cha-

'. . G. Toudouze, p. 282 et suiv. ; A. Rendu, p. ]6i el suiv.; G. Berlin, loc. cit.

2. Vinoy, p. 34i; MoItUe, p. 320; État-mnjor prussien, tome IV, p. 780.

3. Vinoy, p. 34 1. — Le rapport militaire du 28 décembre n'indique pas l'importance de ce.s pertes, sauf pour les forts de Nogent, i-i blessés; de Rosny, 3 tués, 9 blessés; de Noisy. quelques contusions; pour les batteries de Bondy, a tués, 6 blessés. Lu division Mattat, du 2^ corps, porte, le matin du 28, sa 1™ brigade, les carabiniers parisiens et i batterie de 4 à Nogeul; la 2' brigade, le bataillon des francs-tireurs de la division, les tirailleurs parisiens et les trois autres batteries, au-dessus de Fonlenay-sous-Bois (Ducrot, tome III, p. 239). Les batteries de siège allemandes perdirent 5 hommes iEtntmajor prussien. Annexes, tome IV, p. 393 1.

4. Trochu, Œuvres posthumes, tome I^f, p 502 et suiv.; Viuoy, p. 339 et suiv. ; les batteries de < établies en arrière de Bondy sont forcées de se retirer, ainsi que celle de 8 installée au Vieux-Château (Ducrot, tome III, p. 239).

pelle. Il est aisé d'en prévoir le résultat. Au cas où il faudrait conserver le plateau , on admet, bien à tort, qu'une seule division ne saurait suffire à sa garde : les tranchées sont trop étendues et le service trop pénible. On juge qu'il y aurait lieu d'amener d'autres troupes, afin de permettre un relèvement régulier. On n'examine pas la possibilité de faire garder une i)artie seulement de cette position, qui est sous le feu immédiat de deux forts \

La conservation d'Avron justifie-t-elle les efforts nécessaires, les pertes qu'elle entraînerait fatalement? On ne le pense pas. Cette position n'est pas indispensable à la défense, par suite de la force même du front Romainville- Nogent. Son abandon ne la compromettrait en rien. Nous l'avons occupée en vue de faciliter l'offensive de Ducrot, mais l'établissement des batteries allemandes nous empêchera désormais de songer à une attaque vers l'est. Dès lors l'évacuation du plateau n'aura aucun résultat défavorable, et la prudence nous on impose l'obligation. Le gouverneur donne l'ordre d'y procéder la nuit suivante '\

Les résultats matériels ne sont pas les seuls dont nous devrions tenir compte. Il faudrait mettre en ligne l'eti'et moral que la perte d'Avron ]»roduira sur l'armée et la population. Aux yeux de celle-ci, l'abandon de cette position avancée im])liquera celui des opérations offensives vers l'est. Elle rapprochera les essais de justification publiés par le gouvernement des dithyrambes qui accompagnaient la « prise » du plateau à la fin de novembre. II est à prévoir que la secousse produite sera violente et ses effets durables. Parmi les assiégés, les plus ignorants comprennent que si, du 30 novembre au 27 décembre, le temps avait été bien employé sur le plateau, on aurait pu y élever, non seulement des batteries défilées, mais un réduit central susceptible de recevoir une garnison et de l'abriter du bombarde-

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