‹ Siège de ParisChapitre 14 sur 326 · Ducrot, tome II, p. 425; J. Favro, tome II, p · texte numérisé non relu

Ducrot, tome II, p. 425; J. Favro, tome II, p

2. (I Ce matin, à sept heures, nos troupes ont recommencé le feu. Assaillies par des décharges furieuses de l'ennemi, elles ont répondu avec énergie et, pendant près de huit heures, héroïquement résisté à une formidable artillerie, mêlée d'obus et de mousqueterie. Toutes ont été admirables. Passant sous le feu devant leur front de bataille, le général Trochu a été acclamé ; Ducrot a continué ses prodiges de valeur. A trois heures, nous avions fait reculer les batteries ennemies, et nous venions occuper les crêtes de Villiers, qu'elles nous avaient si vivement disputées. Cette mémorable et glorieuse action s'est concentrée dans l'espace que vous voyez entre Bry-sur- Marne, Noisy-le-Grand, Villiers, Chennevières, Champigny et Cœuilly. Cœuilly et Noisy sont encore à l'ennemi. Nous comptons l'en déloger demain ; la garde nationale a pris une part très belle à celle brillante journée. L'ardeur de tous est inexprimable. X trois heures, nous recevions du gouvernement votre dépêche du 30, elle nous a comblés de joie. Le droit enfin triomphe. Vous vous approchez. Nous allons à V lUS. Nous touchons au terme de maux de la patrie. Vous aurez une grande part à cette œuvre glorieuse; c'est pour moi un vrai bonheur. En même temps, r.ois recevions une dépêche de Bourbaki nous annonçant qu'il a des forces respectables qu'il met à notre disposition. Nous renaissons. . . Je ne puis vous dire si la bataille recommencera demain. Nous aurons peut-être besoin d'une journée de repos. Nous aurous encore des combats. J'espère que ces combats seront des victoires... a (J. Favre, tojoe II, p. 147.)

l'on décide de lui adresser une lettre de félicitations, destinée à paraître au Journal officiel^.

Le vide de ces phrases, de ces affirmations sans base réelle se perçoit nettement le lendemain, quand on apprend la retraite. La surprise, le chagrin, la défiance et la colère éclatent de toutes parts. On se demande comment une armée victorieuse renonce à poursuivre des avantages acquis au prix de tant de sang. Les diatribes contre le gouvernement, interrompues trois jours durant, recommencent plus furieuses. On accuse hautement les généraux de mollesse et d'incapacité. L3s adversaires du gouverneur, déjà nombreux, grossissent à vue d'oeil. Ce n'est plus seulement parmi les agitateurs de profession, mais dans les rangs des meilleurs citoyens qu'ils se recrutent. Plus on a cru en lui, plus la déception est grande. Paris reste convaincu qu'avec une meilleure direction, il doit triompher de toutes les difficultés^.

D'ailleurs cette impression douloureuse est moins durable

1. Procès-verbaux des séances du gouvernement, 2 décembre 1870. — L'auleur anonyme de l'Histoire critique du siège de Paris par un officier de marine écrit, p. 138, sous une forme duliiiative, qu'on discula celle nuit pour savoir s'il ne fallait pas confjrer en mâme temps au général la dignilé de maréchal de France. Cette assertion n'est confirmée par aucun document.

Page 1