‹ Siège de ParisChapitre 153 sur 326 · ATTAQUE AU SUD DE PARIS · texte numérisé non relu

ATTAQUE AU SUD DE PARIS

li'eunemi au suil de Paris. — Kos travaux défeusifs. — Les batteries au sud do Paris. Le premier coup de cauon. — Xos ouvrages. — Késultats obteuiis.

Depuis la fin de septembre, l'ennemi a décidé que sa principale attaque se porterait au sud de Paris. Il n'a cessé de hâter ses préparatifs dans ce sens ; dès le mois d'octobre, 235 pièces de gros calibre sont réunies au parc de Villacoublay. A la même époque commence la construction de batteries sur les hauteurs de Meudon, de Clamart et de Châtillon. Mais le transport des munitions indispensables exige d'immenses efforts et une perte de temps considérable \

Les assiégeants ont, en général, gardé leurs emplacements des premiers jours de décembre. Seulement, la division de landwehr de la garde relève (7 décembre) les avant-postes du IV* corps à Chatou et à Carrières-Saint-Denis, de façon à restreindre le front assigné à la IV^ armée. Il est encore fort étendu, puisqu'il mesure 45 kilomètres à vol d'oiseau pour un effectif de 81,200 baïonnettes et de 323 canons. Le prince royal de Prusse, avec la IIP armée (103,600 baïonnettes et 444 pièces) ne surveille que 40 kilomètres environ. Mais la S?ine, la Marne, l'inondation du Croud réduisent sensiblement l'étendue à garder par le prince royal de Saxe, du moins avant les grands froids".

Tout le mois de décembre est consacré par les Allemands à des travaux de fortification, à la confection de fascines et de gabions, à l'amélioration des abris de bivouac. Cette constante activité, que nous aurions grand profit à imiter, contribue puissamment à les maintenir en bonne santé . D'ail-

1. Élal-major prussien, torao IV, p. 768. Voir Siège de Paris. Châtillon, Ch^villy, Lu Malmaison, p. 267, et plus haut, p. 138.

2, Èlat-major prussien, tome IV, p. 769. Voir plus haut, p. 29.

leurs, des précautions minutieuses sont prises pour les abriter du froid. Des envois constants d'Allemagne permettent de les vêtir chaudement', beaucoup mieux assurément que nos soldats aux portes mêmes de Paris.

Au sud de la grande ville, le mois de décembre se passe sans rencontres sérieuses. Le 26, le chef de bataillon Delcros, avec quelques compagnies de mobiles, opère une reconnaisnaissance du Bas-Meudon, du Val et de Fleury". Le 29, autre affaire, non moins insignifiante, en avant du Mont-Valérien. Nous ne faisons rien pour gêner les travaux de l'ennemi sur les hauteurs de Châtillon, quoique nous en soupçonnions l'existence^. On se borne à renforcer nos défenses du sud, surtout à l'est de la Bièvre.

Le plateau de Villejuif, avec les redoutes des Hautes- Bruyères et du Moulin-Saquet, les ti-anchées que le général Tripier a construites au sud et même vis-à-vis des positions du IP corps bavarois, ont un caractère très nettement offensifs La redoute du Port - à - l'Anglais a été remplacée par une autre, située plus avant, à Vitry. Celle-ci est mal défilée des hauteurs de Thiais, mais elle se relie au pont du chemin de fer, où se trouve une batterie, par une tranchée qui se continue jusqu'à un autre ouvrage', la batterie de Vitry. Ce village, organisé définitivement, est un bon point d'ai)pui.

La redoute du Moulin-Saquet comporte des travaux à la fois considérables et mal conçus. On a multiplié autour d'elle des défenses accessoires, telles que des trous de loup, mais les abris sont insuffisants'. Elle est d'ailleurs couverte par une série de tranchées qui atteignent la croupe du moulin d'Argent-Blanc ; deux batteries y sont intercalées.

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