Procès-verbaux cités, 2 décembre
2. Jules Favre a donné de cet entretien, tome H, p. i6i, une version qui nous parait s'écarter de la vérité. A l'eu croire, Ducrot aurait déclaré les troupes (I épuisées au moral comme au pliysique, incapables de soutenir une nouvelle lutte >>. 11 aurait conseillé l'ouverture immédiate de négociations avec l'ennemi. Plusieurs passages de l'ouvrage du général, tome III, p. 61 et 113, et de celui de Trochu (Œuvres posthumes, tome l'''', p. 470) semblent conflrmer celte thèse. Mais Ducrot la contredit directement (lome 111, p. lio) :
« Par tout ce qui précède, il est facile de voir que le 4 décembre encore nous voulions agir énergiquement et le plus promplement possible. M. Jules Favre a donc fait erreur lorsqu'il a affirmé que, dans cette journée, nous avions laissé entrevoir certains sentiments de lassitude faisant pressentir que, dans notre pensée, le momeut était venu de chercher à ouvrir des négociations avec l'ennemi.
i Nous n'avons émis l'avis d'entrer en pourparlers qu'après avoir eu connaissance de la lettre de M. de Mollke en date du 6 décembre, et nous partagions en cela l'opinion de beaucoup de personnes sensées. . .
( Avant cet incident, nous avons toujours persisté à penser que notre devoir était de continuer énergiquement la lutte, et de n'avoir d'autres rapports avec l'ennemi que les armes à la main. »
La logique de ce raisonnement parait singulière. Comme il le répète constamment, Ducrot n'a aucune confiance dans les armées de province. Pourquoi leur défaite annoncée par l'ennemi modiûe-t-elle toutes ses résolutions? Croit-il qu'il soit plus facile maintenant de traiter honorablement?
Les faits que nous allons dire, au prochain chapitre, prouvent que, le i décembre, Ducrot n'avait pas renoncé à reprendre la sortie manquée (D' Sarazin, p. 225).
repos, quelques mesures pour reconstituer le commandement, le matériel, et il entreprendra une nouvelle action. Ses interlocuteurs jugent qu'il n'y a rien à reprendre dans ces « sages et patriotiques » résolutions. Ils repartent pour Paris, en conjurant le gouverneur d'éviter toute temporisation qui ne serait pas absolument indispensable'.