Colonel de Ponchalon, p. 224. Voir plus haut, p
3. Journal officiel du 7 janvier; Trocliu, Œuvres poslltu mes, tome I''"". p. .t19 ; Ducro!, tome IV, p. 37; Journal du siéye, par le Gaulois, p. 3^$^; Procès du général Trochu contre le Figaro, déposition do M. Cresson ; Enquête, déposition Cresson; E. Chevalet, p. 23i; F. Sarcey, p. 259; J. Claretie, lome I*^ p. 172; G. Floureus, p. 202.
gère? Celle-ci ne désarme pas les hostilités accumulées contre le gouvernement. Le Réveil du 9 janvier tourne sa déclaration en ridicule'. Des bruits de trahison courent plus que jamais et, cette fois, le général n'est plus le seul visé. Son chef d'état-major, Schmitz, d'autres de ses collaborateurs, se voient en butte à de vives attaques : le 11 janvier il est contraint de démentir « cette indignité », en la signalant au mépris des honnêtes gens^. Il n'en est pas cru davantage, au moins dans les milieux populaires.
En ces circonstances, on devine ce que doit être la discipline des troupes. La décomposition j gagne avec une effrayante rapidité. «Non, jamais ne sortira de ma mémoire l'aspect navrant de nos cohortes des derniers jours. 11 faut avoir passé des nuits au bivouac, dans la tranchée, aux avantpostes. . . au milieu de ces soldats mornes, pelotonnés autour d'un brasier, sales, défaits, couverts de lambeaux sans nom, abrités derrière des débris de meubles arrachés à quelque maison voisine, ne répondant aux questions que par monosyllabes, laissant brûler leurs restes de vêtements et leurs souliers, n'entendant plus la voix de leurs officiers. Il faut avoir vu la pâle lueur d'une aurore d'hiver se lever sur ces demi-cadavres, sur ces membres engourdis et couverts de givre, sur ces visages sans expression, indifférents à tout événement \ . . »
Devant une telle débâcle morale, les moyens ordinaires de répression sont impuissants. La justice militaire se montre aussi faible que pendant le reste du siège. Si un déserteur, surpris passant à l'ennemi, est fusillé le 3 janvier, ce sera la seule exécution du 19 septembre à la reddition*.
1. « En lisant dans la dernière proclamation de M. Trocbu que le gouverneur de Paris ne capitulerait pas, nous avons pris celte proclamation pour une redite, et nous avons pensé au fameux testament déposé, comme chacun sait, chez M* Ducloux, notaire à Paris. 11 parait que nous nous étions trompés. A en croire les familiers de la Presse, ce n'est pas des Prussiens que voulait parler M. Trochu, c'est avec les passion-s populaires qu'il promet de ne pas capituler. »
2. Journal du siège, par le Gaulois, p. 405; F. Sarcey, p. ^^76.