‹ Siège de ParisChapitre 171 sur 326 · Ducrot, tome IV, p · texte numérisé non relu

Ducrot, tome IV, p

teuil, des pourparlers louches à la suite desquels ils ne reparaissent plus*. Le 17 janvier, près du Moulin-Saquet, un témoin constate l'accord tacite qui règ"ne entre les deux lignes d'avant-postes. En plein jour, à 300 mètres de nos tranchées, la pose et le service des sentinelles ennemies se font ostensiblement. On correspond de part et d'autre par signes. «... Allemands et Français ont vidé leur sac. L:i lassitude de la guerre est un fait indéniable, aussi bien de leur côté que du nôtre". »

Quoi d'étonnant, dès lors, si des bruits de trahison courent partout? Le soir du 5 janvier, le préfet de jolice, M. Cresson, vient informer le gouverneiu', avec les marques de la plus vive agitation, que le bruit s'accrédite « dans la population, dans les rangs de la garde nationale et même de l'armée », de négociations secrètes avec l'ennemi. On accuse le général Trochu, on crie à la trahison et, « dans l'état de démence où sont les foules », on touche à des événements d'une extrême gravité, si des précautions ne sont prises. Il faut « crier sur les toits » que l'on ne se rendra pas. Chose décidée. Séance tenante, le gouverneur écrit une nouvelle proclamation, destinée à être presque aussitôt démentie par les faits. Elle se termine par ces mots restés légendaires : « Le gouverneur de Paris ne capitulera pas. » C'est une phrase ajoutée à tant d'autres. C'est de plus un mensonge, quoi qu'en dise le général. Pourquoi ne pas jeter à Paris la vérité, assez noble pour que chacun s'incline devant elle: « On tiendra jusqu'à l'extrême limite, jusqu'au dernier morceau de pain » ? Croit-on qu'il ne vaudrait pas mieux parler ainsi que de tromper la population par une affirmation menson-

1. L. Larchey, p. 232; Ordre du gouverneur à l'armée, eu date du 9 janvier (Journal du siège, par le Gaulois, p. 399; Journal officiel du lO janvier; Vinoy, p. 390). Ces déserleurs passèrent en couseil de guerre après la paix, et furent naturellement acquittés. Leur seule excuse fut qu'ils avaient été invités a déjeuner par l'ennemi, qui les retint prisouniers!

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