Procès-verbaux cités, 3 janvier
5. Procès-verbaux cités, 6 janvier; Trocliu, Œuvres posthumes, tome I'^'', p. 518.
personne ne veut en prendre l'initiative, sauf les plus intransigeants, encore isolés.
Jules Favre ne cesse de presser le gouverneur d'agir au plus vite'. Il ne dissimule pas combien sa confiance en lui est affaiblie, et la majorité du conseil pense de même*. Une sortie projetée pour la nuit du 7 au 8 janvier est contreraan- (lée au dernier moment, comme nous le verrons; le déchaînement s'en accroît contre Trochu. Le nombre de ceux qui réclament son changement augmente rapidement. Leur opinion a de nombreux représentants parmi les maires ; elle pénètre au conseil. La situation du gouverneur devient intolérable ^
A ce moment, le dégel survient et les pigeons reparaissent. L'un d'eux, le n" 44, arrive le 8 janvier. Les sept précédents n'ont pas été reçus et l'attente devenait anxieuse. Nous recevons cette fois trois dépêches de province , échelonnées du 22 décembre au 5 janvier. Du coup, le voile se déchire devant Paris : « Les nouvelles sont excellentes*. » Avec sa facilité d'illusion , Gambetta déroule aux yeux de ses collègues une situation qui n'a rien de réel, qui touche au rêve :
« Les Prussiens » semblent démoralisés. « Ils commencent à éprouver une grande lassitude et on leur tue beaucoup de monde de tous les côtés. , . L'armée de Bourbaki est dans une excellente situation. Elle effectue. . . une manœuvre dont on attend les meilleurs résultats,
« Chanzy, grâce à son admirable ténacité, a fait lâcher prise aux Prussiens, et, depuis le 16, il s'occupe à refaire ses troupes, fatiguées par tant et de si honorables combats. » Sous quelques jours il reprendra l'offensive. En peu de temps, les mobilisés seront « d'excellents soldats ». Le pays est résolu à la lutte à outrance'.
La dépêche des 31 décembre-3 janvier est non moins opti-