Prucés-verbaux cités, 5, 7 ol 8 janvier
2. Trocliu, Œuvres posthumes, tome l'-', p 514; Jules Favre, tome II, p. 316.
3. Jules ravre, tome II, p. 317; Trocliu, Œuvres posthumes, lome I*"", p. 517. i. Procès-verbaux cilôs, 8 janvier.
5, Dépéclio du 22 décemltre, datée de Lyon, Ducrot, tome IV, p. 38 J. Favre, qui la reproduit, lome II, p. 215, la date a tort du Jl.
miste. Elle donne plus de détails sur le mouvement de Bourbaki, dont le but est « de se jeter sur la ligne des Vosges derrière l'ennemi et d'aller, s'il le faut, jusqu'aux portes de l'Allemagne ». L'ensemble des forces de l'Est s'élève à plus de 100,000 combattants. Les préliminaires ont « assez bien » marché. A Xuits, « on a tué plus de sept mille PrussiensV . . Après avoir fait occuper Dijon et Gray, nous poursuivons notre marche sur Vesoul, ce qui pourrait bien débloquer Belfort sans coup férir. »
De même, au Mans, Chanzy « est tout à fait à la veille de reprendre l'offensive ». Il va opérer entre Chartres et Dreux, avec l'appui d'un corps d'armée venant de Cherboui'g et du Havre. Faidherbe appuiera son mouvement vers le nord. En somme, « nos bonnes chances augmentent tous les jours. . . Les Pi'ussiens ont perdu près d'un demi-million d'hommes depuis qu'ils sont entrés sur notre territoire ; leur matériel de guerre, si considérable. . . , a diminué. . . Bien des batteries sont hors de service. »
Quant à la France, elle « veut la guerre sans merci, même après la chute de Paris. . . Des défaites. . . ne feraient qu'enflammer ses sentiments. Elle est complètement changée depuis deux mois ; l'âme de Paris s'est répandue sur elle et l'a transfigurée'. . . »
Enfin, une deraière dépêche, du 5 janvier, reproduit ce télégramme de Faidherbe : « Aujourd'hui, 3 janvier, bataille sous Bapaume, de 8 heures du matin à 6 heures du soir. Nous avons chassé les Prussiens de toutes les positions et de tous les villages; ils ont fait des pertes énormes et nous des pertes sérieuses ^ »
1. Perles réelles des Allemands à Nuits: 55 officiers, 8iô hommes (Campagne de l'Est en 1S70-1S71. Nuils et Villersexel, p. 8ôj.
2. Dépéclio du 31 décembre is70-3 janvier 1871 ; Jules Favre , tome II, p. 219. — Le lo'.al des pertes allemandes, durant toute la campagne, s'est élevé à 6,247 olliciers et 12,5,453 hommes de troupe tués, blessés ou disparus I Étal-maju}- prussien, tome V, p. 1540).
3. Dvipécho du 5 janvier, Ducrot, tome II, p. 40. Jules P'avre, tome II, p. 3i7, la porte à tort au 3.
Une dépêche sans date, da l'agence Havas, joiute aux précédentes, respire les mémos illusions IJ. Favre, tome H, p. 2iG; Ducrot, tome IV, p. 40).
Pour apprécier l'efifet produit par ces nouvelles tant attendues, il faut se souvenir que Clianzy, battu sur le Loir, a dû «e retirer vers Le Mans. 11 est si peu prêt à reprendre l'offensive que, les 10, 11, 12 janvier, il aura à subir sous cette ■ville le choc de Frédéric-Charles ^ Sans doute on peut attendre d'importants résultats du mouvement de Bourbaki, mais, le 5 janvier, il est encore au sud de Vesoul et n'ai-rivera sous Belfort que le 15, après d'excessives lenteurs^. Quant à Faidherbe, il énonce dans son télégramme des faits très exagérés. Il n'a pas enlevé toutes les positions allemandes, puisque la principale, Bapaume, et d'autres points encore sont restés à l'ennemi. Celui-ci n'a pas fait des pertes énormes, et la situation est telle que Faidherbe prescrit, le soir même, la retraite sur Arras, après un demi-succès sans lendemain^.
Naturellement Paris ignore tous ces détails. De ceux donnés par Gambetta, il conclut que rien n'est perdu, bien au contraire. Il rebondit à l'espérance. La joie est universelle. On s'aborde « dans les rues avec effusion ; on se serre les mains : — Pensez-vous que nous sortirons de là? — Je commence à le croire. — N'est-ce pas? » On s'encourage à tenir; on est si content qu'on revient sur le compte de Trochu\
Le gouvernement n'est pas loin de partager ces illusions.' Son président signale au conseil, le 8 janvier, « l'habile manœuvre du général Bourbaki, se portant vers les Vosges; c'est là de la grande guerre... » . Il s'applaudit de n'avoir pas encore livré la bataille projetée ^ Mais cette impression est de courte durée. Dès le 10 janvier, le ton de Trocliu change. Il «croit une attaque générale imminente pour le 16". Les forts du Sud et de l'Est sont très maltraités ; il faut se pré-
1. Camparjnc de la Loire en 1S70-1S71. Josnes, Vendôme, Le Mans, p. 234.
2. Campagne de l'Est en 1S70 1S71. .\iiUs, Viltersexel, p. 194.