F. Sarcey, p
n. Procès-verhaux cilôs, «janvier; Ducrol, loino III, p. 280. — Julos Favrc rjpond, le 9, à Garnljetta : « ...Nous approuvons tous )o jjlan de campagne qui porte M. Bourbaki à l'est, pour couper les communications de l'ennemi de la Saône à la Meuse » iJules Favre, tome H, p. 3i8).
»;. Voir une note coufideatielle du gouverneur (li janvier), Vinoy, p. 5t0.
parer». Il n'a foi «que dans le mouvement de Bourbaki. Les généi'aux Chanzj et Faidherbe lui paraissent dès maintenant condamnés à l'impuissance. » Ses collègues réclament impérieusement une sortie et déjà le mot capitulation surgit dans la discussion. Pour expliquer son inaction, le gouverneur allègue que les Allemands se sont Venforcés de 60,000 hommes autour de Paris — ce qui est faux. — Il a peu de confiance en la garde nationale et craint une attaque de l'ennemie
La question des vivres devient menaçante. On parle du rationnement, sans oser encore y recourir'. Fort à la légère, Jules Simon répond de l'alimentation jusqu'au 10 février. Le lendemain, Jules Favre affirme qu'on ne pourra dépasser le 30 janvier. Lequel croire'? Un peu tard, le général Trochu réclame des « mesures extrêmes » : des perquisitions à la recherche des aliments cachés, la suppression des réunions publiques et de la liberté de la presse. Ernest Picard n'y fait pas opposition, mais il juge qu'aloi's il faut agir contre l'ennemi, de façon à couvrir les murmures par la voix du canon. Aucune décision n'est prise et l'on se borne à constater la découverte dans Paris de 6,000 quintaux de grain*.
D'ailleurs le froid a repris et l'arrivée des pigeons a cessé. De nouveau Paris est « dans la nuit noire ». Que se passet-il au delà des sentinelles allemandes? Pourquoi Bourbaki, Chanzy, Faidherbe restent-ils muets? La faim, le bombardement sévissent plus que jamais. On touche à la crise suprême^. Le 9 janvier, Jules Favre croyait douteux que Paris puisse vivre jusqu'au 25^, et il faut dix jours pour préparer le ravitaillement. La limite fatale est donc arrivée, sans rien qui fasse espérer une éclaircie. Même avec le rationnement, qui
1. Procès-verbaux cités, 10 janvier. — « Jules Favre revendique pour le conseil le droit d'imposer une action militaire, qu'il croit nécessaire, et qu'on lui refuse. »