Ducrot, lome IV, p
de la ferme. Ils voient ces trois hommes dans le fossé, tirent sur eux, les manquent et atteignent plus loin quatre sapeurs qui, malgré le capitaine, ont voulu le suivre dans sa périlleuse mission. Ils garnissent ensuite la tranchée qui relie la Bergerie au haras; leur fusillade n'empêche pas nos soldais de prolonger le fossé jusqu'à la muraille du parc, afin de permettre au brave Coville et à ses compagnons de rentrer sains et saufs.
Une tentative semblable est faite à gauche pour atteindre la maison Craon. Le génie pratique à la pioche une brèche dans la partie du mur qui lui fait face. Mais il reste à en ouvrir une autre dans la muraille précédant la maison, et il est impossible d'y parvenir sous le feu. ^Nous restons embusqués devant ces deux corps de bâtiment, sans pouvoir en approcher davantage, bien qu'ils soient défendus par un très faible effectif.
Cependant l'ennemi s'est un peu renforcé dans Montretout. Deux compagnies du 08" venues de la Porte Jaune et une compagnie du 5^ chasseurs descendent la rue impériale, arrêtant ainsi nos progrès.
]\Ialgré leur grande supériorité numérique, les colonnes Lareinty et Mosneron-Dupin, qui n'ont ni direction commune, ni objectif déterminé, ni soutien, restent en possession du terrain conquis, mais n'en gagnent pas davantage.
Il est 10 heures environ. Après avoir délogé les postes avancés de l'ennemi, nous nous sommes heurtés à sa position véritable et, nulle part, nous n'avons pu la forcer, de Saint- Cloud à la Bergerie. Néanmoins, les résultats obtenus paraissent satisfaisants au iiouverneur^.
1. Ducrot, lome IV, p. H4; Élal-major prussien, tome IV, p. 11 GO.
2. « Nous sommes mailres de la redoute do .Moiiticlout et des maisons annexes, du plateau 155 et des liauteurs de Buzcnval ; Bullemare marche sur la maison Craoa et vous attend pour agir sur la Bergerie. Tout va très Lien jusqu'à présent » (Télégramme du général Trochu, Ducrol, tome iV, p. 423, I0''i2). Le te.xte que donne Ducrot, ibidem, p. 115, est incomplet.