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J. Favre, tome II, p. y,Ti

LA CAPITULATIOX. 331

« la reconnaissance formelle du droit de la France de débattre elle-même... la paix et de se donner un gouvernement». M. de Bismarck n'aura garde de s'y refuser, mais Jules Favre est resté sous l'impression des pseudo-négociations de Régnier en octobre 1870.

La seconde condition capitale « sui- laquelle , après mûr examen», il décide de « ne transiger à aucun prix, est le refus d'admettre l'armée prussienne dans l'intérieur de l'enceinte ». L'honneur, le salut de la cité l'exigent. Le contact de l'ennemi pourrait entraîner « des scènes lamentables de meurtre et de destruction^ ».

Une troisième clause lui tient non moins à cœur. Il veut que l'armée de Paris, prisonnière en droit, ne soit pas envoyée en Allemagne, mais attende sur place la conclusion de la paix. L'ennemi s'y prêtera d'autant plus volontiers, que le nombre immense de nos soldats captifs est déjà pour lui la cause d'inquiétudes sérieuses. Il ne sait où les entassera

En conséquence, Jules Favi-e veut demander que la garde nationale conserve ses armes et demeure « chargée du maintien de l'ordre », A voir comme elle s'en est acquittée le 31 octobre et le 22 janvier, il peut être assuré du résultat. Mais il n'est pas sans illusions à cet égard, non plus que le reste du gouvernement^. Il croit qu'aucune puissance au monde, sauf l'ennemi présent dans Paris, ne pourrait désarmer la milice parisienne. Il veut épargner à la grande ville une humiliation et un péril suprêmes. Il en fait une question de nobles et patriotiques susceptibilités*.

Ainsi, ces trois conditions lui semblent essentielles, les deux premières surtout : les Allemands n'entreront pas dans Paris ; la garde nationale conservera ses armes ; l'armée prisonnière restera provisoirement à l'intérieur de l'enceinte. Quant au reste, il est disposé à de larges concessions ; nous

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