J. Favre, lome II, p
réunirait à Bordeaux et trancherait la question de la paix ou de la guerre, ainsi que celle du gouvernement. En dehors de ces conditions, je ne voyais aucune conclusion possible. Paris continuerait à se battre, et s'il n'était ni secouru, ni assez fort pour repousser l'ennemi, il se rendrait à discrétion : la Prusse s'arrangerait comme bon lui semblerait'. »
Pour qui suit avec attention cette partie des négociations, il semble que M. de Bismarck ne se soucie point du tout de la dernière combinaison, la reddition à merci. 11 y verrait la cause de toutes sortes d'embarras. Jules Favre a donc, dans sa détresse, un moyen sûr de peser sur les décisions de son adversaire. Saura-t-il en faire usage?
Le chancelier le prie de mettre par écrit les idées qui précèdent, promettant, sur sa parole de gentilhomme, que ce sera pour lui seul. Il y consent, non sans une hésitation bien permise. A 11 heures, l'entretien est terminé". Tout en faisant montre de courtoisie vis-à-vis de son interlocuteur, M. de Bismarck l'a amené à livrer entièrement ses idées, tandis que lui-même dissimulait la plupart des siennes. Il a joué avec lui, comme le chat fait d'une souris. Son contentement est visible et il siffle l'hallali devant ses familiers^.