‹ Siège de ParisChapitre 260 sur 326 · J. Favre, tome II, p · texte numérisé non relu

J. Favre, tome II, p

guerre, mais la transporter en Allemagne serait dans l'état des choses un gros embarras\ Nous consentirions à ce qu'elle restât prisonnière à Paris. Quant à la garde nationale, elle doit être désarmée, et ce ne sera qu'après son désarmement complet que nous accorderons à Paris la faculté de se ravitailler. Quant à l'entrée des troupes allemandes dans Paris, je reconnais qu'elle n'est pas sans inconvénient, et si j'étais seul à décider, je me contenterais de la possession des forts. . . , mais le Roi et le parti militaire y tiennent. C'est la récompense de notre armée. Quand, rentré chez moi, je rencontrerai un pauvre diable marchant sur une seule jambe, il me dira : La jambe que j'ai laissée sous les murs de Paris me donnait le droit de compléter ma conquête ; c'est ce diplomate, qui a tous ses membres, qui m'en a empêché. Nous ne pouvons nous exposer à fi'oisser à ce point le sentiment public. Nous entrerons à Paris, mais nous ne dépasserons pas les Champs-Elysées et nous y attendrons les événements ; nous laisserons armés les soixante bataillons de la garde nationale qui ont été })rimitivement constitués et qui sont animés de sentiments d'ordre ^. »

Jules Favre s'efforce de combattre ce programme, qui sera pourtant réalisé en grande partie. «Paris doit être ou non occupé, ou occupé entièrement. . . » 11 fallait « le gouverner, l'administrer comme une ville conquise, ou n'y pas entrer. Dans le premier cas, le gouvernement s'effaçait complètement, le vainqueur opérait le désarmement, prenait possession de la cité et se chargeait de sa police, ainsi que de ses grands services publics. Dans le second cas, les forts seuls étaient occupés, un gouvernement nommé par Paris se chargeait de le gouverner ; on lui donnait toutes facilités pour le ravitaillement, et la garde nationale conservait ses armes. Quant à la ville, elle payait une contribution de guerre — M. de Bismarck n'en a pas encore dit mot — un armistice était conclu, des élections appelaient une assemblée qui se

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