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tificatif les accompagne; il est irréfutable, au moins dans ses grandes lignes :

« ...Le 27 janvier, — c'est-à-dire huit jours après la dernière bataille livrée sous nos murs et presqu'au moment où nous apprenions les insuccès de Chanzy et Faidherbe, — il restait en magasin 42,000 quintaux métriques de blé, orge, seigle, riz et avoine, ce qui, réduit en farine, représente, à cause du faible rendement de l'avoine, 35,000 quintaux métriques de farine paniliable. Dans cette quantité sont compris 11,000 quintaux de blé et 6,000 quintaux de riz cédés par l'administration de la guerre, laquelle ne possède plus que dix jours de vivres pour les troupes, si on les traite comme des troupes en campagne, savoir : 12,000 quintaux de riz, blé et farine et 20,000 quintaux d'avoine. . .

« En temps ordinaire, Paris emploie à sa subsistance 8,000 quintaux de farine par jour. .. mais, du 22 septembre au 18 janvier, sa consommation a été réduite à une moyenne de 6,360 quintaux de farine par jour, et depuis le 18 janvier, c'est-à-dire depuis le rationnement, cette consommation est descendue à 5,300 quintaux. ..

« En partant de ce cliififre. . ., le total de nos approvisionnements représente une durée de sept jours.

« A ces sept jours, on peut ajouter un jour d'alimentation fournie par la farine actuellement distribuée aux boulangers; trois ou quatre jours auxquels subviendront les quantités de blé enlevées aux détenteurs par tous les moyens qu'il a été possible d'imaginer, et l'on arrive ainsi à reconnaître que nous avons du pain pour liuit jours au moins, pour douze jours au plus. . .

« En ce qui concerne la viande , la situation peut se caractériser par un seul mot : depuis l'épuisement de nos réserves de boucherie, nous avons vécu en mangeant du cheval. Il y avait 100,000 chevaux à Paris. 11 n'en reste plus que 33,000, en comprenant dans ce chiffre les chevaux de la guerre.

« Ces 33,000 chevaux, d'ailleurs, ne saui'aient être tous

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abattus sans les plus graves inconvénients. Plusieurs services, indispensables à la vie, seraient suspendus : ambulances, transport des grains, des farines et des combustibles, services de Téclairage et des vidanges, pompes funèbres, etc. 11 nous faudra, d'autre part, beaucoup de chevaux pour le camionnage, quand le ravitaillement commencera. En réalité, une fois ces diverses nécessités satisfaites, le nombre des animaux disponibles pour la boucherie ne dépassera pas 22,000 environ.

« En ce moment nous consommons avec l'armée 650 chevaux par jour, soit 25 à 30 grammes par habitant, après le prélèvement des hôpitaux, des ambulances et des fourneaux. Vingt-cinq grammes de viande de cheval, trois cents grammes de pain, voilà la nourriture dont Paris se contente à l'heure qu'il est. Dans dix jours, quand nous n'aurons plus de pain, nous aurons consommé 6,500 chevaux de plus et il ne nous en restera que 26,500. Nous pouvons, il est vrai, y joindre 3,000 vaches réservées pour le dernier moment, parce qu'elles fournissent le lait aux malades et aux nouveau-nés. Mais alors, comme il faudra remplacer le pain absent, la ration de viande devra être quadruplée, et nous serons obligés de tuer 3,000 chevaux par jour. Xous vivrions ainsi pendant une semaine environ.

«Mais nous n'en viendrons pas à cette extrémité, précisément parce que le gouvernement de la Défense nationale s'est décidé à négocier. . . Le ravitaillement marchera assez vite pour que nous ne restions pas un seul jour sans pain.... Le devoir sacré de pousser la résistance aussi loin que les forces humaines le comportent nous a obligés de tenir tant que nous avons eu un reste de pain. Nous avons cédé, non pas à l'avant-dernière heure, mais à la dernière, »

]\Ialgi-é les bruyantes protestations de la veille, les forts *ont évacués et occupés par l'ennemi, sans autre incident que deux suicides dramatiques, ceux du capitaine de frégate de Larret-Lanialignie et du pointeur François Deldroux, à Montrouge. La précipitation, le manque de moyens de trans-

port et aussi de regrettables négligences nous font laisser aux Allemands une assez grande quantité de vivres \

Il faut aussi leur abandonner un immense matériel, de par les termes de la convention : il est représenté par : 153,278 chassepots avec leurs baïonnettes; 6,962 fusils de divers modèles 5 11,989 mousquetons; 2,188 fusils de cavalerie; 5,335 pistolets ; 689 sabres de tambour ; 10,040 sabres de cavalerie ; 145 lances et 5,062 sabres-baïonnettes ; 602 bouches à feu de campagne- ; 1,138 caissons; 1,362 pièces de siège ou de place; 1,680 affûts; 860 avant-trains ; 3,500,000 cartouches chassepot; 7,000 quintaux de poudre; environ 200,000 obus et plus de 100,000 bombes'.

Les boulevards extérieurs, les places, les grands espaces libres dans Paris sont combles de soldats et de mobiles venus de la banlieue. « Leur tenue est relativement mauvaise et leurs sentiments de discipline disparaissent. Il est bien rare qu'un officier obtienne le salut... » Tout, dans leur manière d'être, trahit « l'hébétement qui suit les grandes fatigues et les grands revers ». Ils vont demeurer ainsi plus d'un mois, oisifs, exposés aux ferments de dissolution qui foisonnent dans la grande cité. Leur démoralisation est complète et leur satisfaction non dissimulée *.

1. L. Larchey, p. 278; Colonel de Ponchalon, p. 242; J. Turquan, les Héros de la défaite, p. 46.

2. 263 canons do 4; 34 canons de 8; 174 carions de 12; 36 canons de 7; 24 canons de 4 de montagne, 66 mitrailleuses. La garde nationale garde ses canons comme ses fusils. Il reste dans Paris d'immenses quantités de munilions.

3. De Sarrepoiil, p. 436; ÉUU-major prussien, tome IV, p. 1178.

4. L. Larchey, p. 278; Jules Favre, tome III, p. 9; F. Sarcey, p. 295.

La division destinée à conserver ses armes est sous les ordres du général Faron, avec le lieutenant-coioiiel Bondet comme chef d'état-major.

!■■« brigade : Général de La Marieuse, 35'= et 42'' de ligne; un Ijalaillon de mobiles de la Vendée.

2* brigade : Général Valentin, 109^ et iio* de ligne; un bataillon de mobiles de la Côle-d'Or.

3e brigade : Colonel Comte, iiS» et 114* de ligne; un balaillon de mobiles flu Finistère;

Artillerie : 2 batteries de mitrailleuses et 2 batteries de 7.

Cavalerie : 9^ régiment de chasseurs.

(de Sarrepont, p. 436.)

La composition donnée par Ducrol, tome IV, p. 362, diffère seusiblomoni :

Les premiers jours qui suivent la convention du 28 janvier sont « longs et tristes ». On éprouve une sorte de mélancolie..., d'affadissement universel, de chagrin morne... qui, pour user d'une locution populaire, mais énergique, casse bras et jambes^ ». On n'a plus goût à rien; on se désintéresse du milieu ambiant, de tout ce qui a ému, passionné pendant des mois". Rien autre que des sujets de noire tristesse. On se rend compte que les conditions de l'armistice ont été voulues, imposées avec un raffinement de cruauté par le vainqueur. Ses concessions apparentes, telles que la conservation des armes de la garde nationale, sont en réalité dirigées contre nous.

Les remparts naguère si animés sont déserts. Quelques factionnaires près de pièces renversées de leurs affûts. Partout l'abandon et le désordre. Aux portes une partie de la population, cherchant à gagner les avant-postes prussiens. Devant ceux-ci, la foule se presse, « tendant les mains, les uns pour accepter l'aumône de quelque bouchée de pain ou de quelque morceau de charcuterie, les autres pour acheter des victuailles ^ » . Les soldats allemands, bien tenus, un air de santé dans toute leur personne, regardent d'un air de pitié dédaigneuse les Parisiens chétifs, aux joues hâves, qui se pressent sous leurs yeux et démentent ainsi près de cinq mois de souffrances vaillamment supportées*.

Tout ce qui peut quitter Paris s'empresse de le faire. Dès le premier jour, il y a 25,000 demandes de laissez-passer, sous prétexte de candidatures à poser en province. Il s'agit en réalité d'aller retrouver des êtres chers ou simplement d'échapper à l'obsession de la géhenne parisienne. En moins de dix jours, plus de 50,000 gardes nationaux partent de Paris,

ir^ brigade : 4« batailloa du Finistère, au lieu d'un bataillon de la Vendée; 2^ brigade : Régiment de fusiliers marias, au lieu d'un bataillon do la Côte- <l'Or;

3« brigade : Pas de mobiles; Aucune artillerie, ni cavalarie.

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