‹ Siège de ParisChapitre 286 sur 326 · VioUel-le-Duc, p. i · texte numérisé non relu

VioUel-le-Duc, p. i

défense de Paris tient à sa constante passivité. En la comparant à d'autres, notamment à celle de Belfort, on est saisi de la ditïérence qui s'en dégage. A Paris, le général Trochu met sa confiance dans la résistance successive des forts, de l'enceinte, au besoin de l'intérieur de la ville. A Belfort, le colonel Denfert-Rochereau, avec beaucoup moins d'hommes et de matériel, lutte énergiquement au dehors du camp retranché. Il ne veut s'y enfermer que C[uand il y sera forcé, alors qu'il aura épuisé les moyens de la défense la plus active.

Toutes les mesures militaires prises durant le siège se rattachent à l'ordre de préoccupations que nous venons d'indiquer. Le général Trochu n'accorde pas à la garde nationale la part qui lui reviendrait logiquement dans la défense. Il oublie les immortels exemples d'improvisation en matière d'armées donnés par Xapoléon ; il ne tente pas, à beaucoup près, ce qu'a fait Gambetta en province, avec de moindres ressources et plus de difficultés à vaincre. Il se laisse imposer par ses collègues, par Ducrot, par la population, des tentatives de sortie dont une seule est sérieuse et dont l'idée première est radicalement fausse. L'objectif à atteindre n'est pas de jeter au dehors de Paris une masse aussi forte que possible, destinée à opérer et sans doute à succomber en province, mais bien d'ouvrir une brèche immense dans le cercle d'investissement, de l'élargir jusqu'à complète dislocation. Xi Trochu, ni Ducrot n'y songèrent jamais.

Comme nous le disions tout à l'heure, ce qui ressort surtout de ce grand siège, c'est la faiblesse du commandement, de la direction militaire et politique, mais aussi le patriotisme, la constance et l'esprit de sacrifice d'une popiilation de deux millions d'hommes. Xotre histoire nationale, si riche en exemples mémorables, n'en renferme pas de plus digne d'étude et d'admiration.

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