LE GOUVERNEMENT JUSQU'AU 21 DÉCEMBRE
Difficultés entro Trtcliu et ses collègues. — La capitulation mise en avant. — Nouvelles de province. — Jules Favre et Gambetia.
A mesure que la situation s'aggrave, les divergences s'aftirraent plus nettes entre le gouverneur et ses collègues. Le matin du 6 décembre, en rentrant au Louvre, il apprend que, pendant son absence, le gouvernement a décidé de traduire devant la juridiction ordinaire les prévenus du 31 octobre. Malgré son habituelle résignation, cette nouvelle le met hors de lui. 11 sait combien, entre l'ennemi et une population frondeuse, l'équilibre est difficile à garder; mais, cette fois, il juge qu'on a dépassé la mesure en violant la loi sur l'état de siège. Séance tenante, dépouillant sa qualité de président du gouvernement pour ne garder que ses attributions militaires, il écrit de sa main au procureur général, M. Leblond, et lui déclare que rint>truction commencée suivra son cours.
« M. Leblond. . . se tint coi, le gouvernement aussi et. . . la justice militaire resta en possession. Par malheur, le conseil de guerre se montra plus faible... que ne l'aurait été peut-être la cour d'assises'. . . » En effet, presque tous les inculpés furent acquittés ^ 11 ne faut point trop s'en étonner. La révolution du 4 septembre, la succession si rapide des événements qui l'avaient précédée et suivie, eurent ce résultat de développer singulièrement le scepticisme en matière politique. D'un côté, un gouvernement improvisé à la suite d'une émeute et que la conscience de ses origines semblait empêcher de se défendre; de l'autre, des adversaires connaissant leur force et montrant, par suite, une extrême au-