‹ Siège de ParisChapitre 61 sur 326 · Trochu, ibidem, p. 292, 294 et passim · texte numérisé non relu

Trochu, ibidem, p. 292, 294 et passim

cliera rcnnemi d'emprunter ce moyen de passage et attirera son attention sur la Marne '.

Nous avons dit qiie Vinoy dispose de huit batteries seulement. Encore ne peut-il les obtenir qu'avec la plus grande difficulté. Suivant les dispositions adoptées par le gouverneur, la 3^ armée devrait posséder quatre batteries le 16 décembre". Quatre autres lui sont annoncées, mais le général Guiod, commandant supérieur de l'artillerie, refuse de s'en dessaisir, parce qu'il aura bientôt besoin de leurs attelages pour des mouvements de matériel !

Le 20 décembre, sur l'orcft-e de Vinoy, le commandant de l'artillerie de la 3* armée, général Favé, donne l'ordre à ces quatre batteries de venir s'établir au fort de Rosny. Mais Guiod interdit aussitôt ce mouvement et il faut que Vinoy ait recours au gouverneur pour obtenir qu'il soit tardivement exécutée On voit quel esprit anime le commandement de nos armes spéciales. Il en est venu à tenir compte de ses prérogatives beaucoup plus que des intérêts généraux. Il annule l'autorité des commandants d'armée et de corps d'armée sur les unités de l'artillerie ou du génie. Il abuse de la condescendance du général Trocliu au point d'entraver la défense.

Outre celles du plateau d'Avron, dont les travaux ont été -conduits « avec une bien regrettable lenteur* », des batte-

1. Général Favé, Deux combats d'artillerie sous les murs de Paris, p. 77. — Vinoy ne menlionne pas las instructions qu'il donna le matin du 2i décembre (p. 3041.

2. 3 batteries détachées au plateau d'Avron, l batterie attachée à la brigade Biaise. Les 4 autres sont i batterie de 12, 2 de 4 et l de mitrailleuses (Favé, p. 70). Le général Vinoy, p. 2<j8, annonce des pièces à l'appui de eut incident, mais il n'en existe pas aux appendices de sou livre.

3. a ... Je reçus à ce sujet du général commandant supérieur de l'artillerie deux dépéclie?, lune m'informant que les batteries ne se mettraient pas en mouvement et qu'elles n'obéiraient qu'à un ordre exprès émané directement de lui, l'autre me demandant qui avait pu ordonner le déplacement de deux de ses batteries de canons à balles » (Favé, p. 73). Finalement, chacune des divisions opérant sous les ordres de Vinoy eut quatre batteries, dont une de canons à balles (Viuoy, p. 298; Favé, p. 77j.

4. Vinoy, p. 293. Los épaulements étaient à peine terminés et les tranciiées qui devaient les réunir tout au plus ébaucliées, le réduit seulement commencé (ibidem).

LE BOURGKT - VILLE-ÉVRART. 69

ries s'élèvent en grand nombre de la station de Bondy à La Courneuve, avec un totul de 66 pièces dont 6 mitrailleuses et 12 canons de campagne. Le reste est de gros calibre V

Les mouvements préparatoires voulus par cet ensemble de dispositions s'exécutent le 20 décembre, non sans qu'on abuse des voies ferrées pour des distances très restreintes. La division Berthaut, embarquée aux stations de Clichy et des Batignolles, débarque entre Aubervilliers et La Courneuve. Celle du général Courty, partie de Bercy et de Saint- Mandé, va de même à l'ouest de Bobigny; la division Mattat, embarquée à Nogent , débarque à Noisy-le-Sec ". Un grand

Page 1