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CHAPITRE Xn

ATTAQUE DU BOUEGET

Attaqae de Lamothe-Tcnet. — La colonne Lavoignet. — Inaction de BerthaïU. Les renforts prussiens. — La retraite.

« Le temps est doux. . . Les terres sont détrempées par le dégel'. » Un brouillard épais voile la plaine Saint-Denis. Les colonnes de l'amiral ont gagné leurs emplacements à 4 heures et demie du matin. Le signal d'attaque doit être donné vers 6 heures trois quarts par la batterie de la Courneuve". Mais le brouillard le fait retarder d'une heure environ''. A "''45, les forts, les batteries de position, la batterie de 4 de la colonne Lamothe-Tenet, deux wa^^ons blindés, opérant sur la ligue de Soissous et armés chacun de deux pièces, ouvrent un feu très violent. Il doit durer trente minutes contre Le Bourget, d'après les instructions de l'amiral. Pourtant, au bout d'un quart d'heure seulement, il s'arrête et nos colonnes s'élancent*.

Il est 8 heures environ et l'effet produit est peu sensible.

1. Vinoy, p. soi; D'' Sarazin, p. 242. — Au contraire, le général Trocliu (ÛEui''es posllnones, tome l''', p. 430) mentionne « un froid noir qui glace physiquement et moralement les troupes a. De même M. Robinet de Cléry, p. i7.T, signale le « fioid terrible ».

2. (Dispositif du corps d'armée de Saint-Denis, Ducrot, tome III, p. 39S) et non par des wagons blindés, à 7 heures, comme l'écrivent le général Ducrol, tome III, p. 153, et M. A. Dnquet, Paris, Second échec du Bourget et perte d'Avru7i, p. 79.

3. Ducrot, tome III, p. nd, et ['État-major prussien, tome IV, p. 722, portent le début de l'attaque à 7'» 4J ; l'historique de la division BoUemare indique tI» 35 lA. Duquel, loc. cit., p. 79); le journal de marche de la 2^ armée, 7 heures et demie (Ducrot, tome III, p. 4iij). — Au contraire, le major Kunz, p. 53, écrit environ 7 heures. Nous avons déjà fait remarquer que l'heure française avance de 45 minutes environ sur l'heure des Allemands pendant le siège de Paris [Siège de Paris. Le Bourget-Champigmj, p. 16 1.

4. La Roncière, p. 239; Ducrol, tome III, p. lôd. — L'État-major prussien, loc. cit., écrit une demi-lieure et le major Kunz, p. 54, trois quarts d'heure environ. Le Dispositif de l'amiral disait 30 minutes montre en main).

76 BDZENVAL - LA CAPITULATION.

Les colonnes Lamothe-Tenet et Lavoignet se précipitent sur Le Bourget.

La garnison s'attend à une attaque. Vers 7 heures, elle a même remarqué des groupes au sud, au sud-est et au sudouest, malgré l'épais brouillard. Puis la canonnade commence et les cinq compagnies de la garde prennent leurs emplacements de combat. Elles ne sont pas loin, pourtant, de croire à une démonstration, comme il s'en produit souvent depuis le début du siège'. Mais la colonne Lamothe- Tenet ne tarde pas à paraître vers l'ouest. Elle est partie de La Courneuve, en avant de laquelle a pris position une batterie (de 4, capitaine Durand). Le 3* bataillon de fusiliersmarins, vigoureusement enlevé par le capitaine de frégate Yalessie, se dirige vers la Mollette, qu'il traverse sur des fascines en amont du pont de Dugny^ L'ennemi a déjà remarqué notre mouvement ; il ouvre le feu de l'usine Lecrosnier, du parc au nord-est et du cimetière. Nos pertes sont considérables. Une partie de la colonne se déploie sur son flanc droit, face auBourget. Le reste continue sa marche, dépasse le chemin de Dugny, après avoir enlevé un enclos, et se jette d'un seul élan dans la partie nord-ouest du village, qui est inoccupée. Déjà un certain nombre d'Allemands, venant des lignes en arrière avec du pain ou des moutons, sont tombés entre nos mains. D'autres parviennent à gagner Pont-Iblon et y apportent les premières nouvelles, encore fort confuses, de l'attaque. Quant à celles qu'envoie le capitaine von Altrock, elles sont d'abord interceptées par nous.

Cependant, les fusiliers-marins descendent jusqu'à la rue de Dugny sans rencontrer aucune résistance^. Là, ils se

1. Kunz, p. 51. — D'après cet auteur, les cavaliers du 2'= uhlans de la garde, chargés du service d'eslafoUe au Bourgel, viennent justement d'être relevés (2u décembre) par d'autres (a" uhlans de la garde) qui ne connaissent pas du tout le terrain. D'où des difficultés de transmission.

2. Ducrol, tome III, p. 1.53. — La nuit précédente, un oScier d'ordonnance de l'amiral et le commandant des francs-tireurs do la Presse avaient reconnu ce point de passage.

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