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LE BOUKGET - VILLE-ÉVRART. 101
rière, le vaillant général, qu'il fût chef ou subordonné, n'a jamais été, notoirement, d'un autre avis que le sien\ » Si le gouverneur a obéi à une idée fausse en lui imposant l'inaction jusqu'à la prise du Bourget, si La Roncière a aggravé cette erreur en demandant aux divisions Berthaut et Courty de ne point attaquer ce village en même temps qu'il serait aborde par ses trois colonnes, pourquoi Ducrot ne fait-il pas acte d'initiative? Pourquoi ne pas transformer l'attaque principale en utile diversion et reporter promptement l'action sur un autre point'? Puisque Troehu néglige de le faire, cette tache revient de droit à Ducrot. Il intervient en effet, bien que Le Bourget ne soit pas enlevé par nous, mais à droite et au centre, point du tout à gauche où son action serait indispensable pour sauver la colonne Lamothe-Tenet. D'ailleurs son intervention est tardive, hésitante; il s'engage à regret, semble-t-il, et Troehu interrompt bientôt cette timide ébauche d'offensive. Le tableau seul de nos pertes montre combien leur poids est inégalement réparti. La grande majorité des corps engagés est tenue à l'écart du feu. C'est le 11(3'' de ligne qui a 1 blessé en tout et pour tout; les 125^ et 126" qui n'en ont aucun ; la division Mattat entière, dont quatre hommes sont hors de combat ; le corps Faron, qui en a un seul. Que dire des bataillons de mobilisés restés encore plus loin des projectiles? Même le corps de Saint-Denis, le plus engagé, ne met pas en ligne ses propres réserves. On ne voit que réserves partout. C'est la journée des réserves, selon le mot de M. Duquet.
Ainsi, de quelque façon qu'on l'envisage, ou ne peut j^rendre au sérieux cette tentative du gouverneur. « On a, le 21 décembre, joué avec le sang de 2,000 Français*. » On a voulu donner à Paris l'illusion d'une action de guerre, rien de plus. Mais combien ce calcul est faux ! Quand la population se rendra compte des faits, elle verra qu'elle a été im-